Mieux informés, on veut moins polluer

ENVIRONNEMENT Plus le citoyen est sensibilisé au sujet, plus il est prêt à payer pour un air moins pollué. L'Institut...

F. L.

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Les participants à une étude de l’Idep se prononçaient sur des mesures visant à réduire de moitié la pollution de l’air.
Les participants à une étude de l’Idep se prononçaient sur des mesures visant à réduire de moitié la pollution de l’air. — G. BERNARDI / REPORTAGES / 20 MINUTES

Plus le citoyen est sensibilisé au sujet, plus il est prêt à payer pour un air moins pollué. L'Institut d'économie publique (Idep) d'Aix-Marseille présentait hier les premiers résultats d'une enquête menée en octobre dernier auprès de 600 habitants de Marseille et des Bouches-du-Rhône. Réunis dans l'hémicycle du conseil régional, ceux-ci devaient dire combien ils étaient prêts à payer pour réduire de moitié les effets de la pollution. Plusieurs moyens étaient testés : acheter un médicament ad hoc mais non remboursé par la  sécurité sociale, déménager dans une ville moins polluée mais où la vie coûte plus cher, payer plus d'impôts dans  le cadre d'une réglementation sur l'environnement.Premier constat : spontanément, les personnes interrogées acceptent de payer plus dans le cadre d'un déménagement. « C'est un choix individuel  et libre, mais qui a des conséquences sur l'ensemble de la famille », analyse Olivier Chanel, chercheur au CNRS. Autre enseignement : ces décisions en matière d'environnement ne semblent pas être influencées par « l'opinion publique ». Pendant l'expérience, les chercheurs ont calculé en direct la moyenne des sommes que les participants disaient être prêts à payer. Ils la leur  ont communiqué, et leur ont demandé de revoter : « Seuls 11 % des sondés changent leur vote et en moyenne  les sommes varient à peine de 1 % », explique Olivier Chanel. En revanche, après que les chercheurs ont lu aux participants un texte sur les conséquences sanitaires de la pollution, plus d'un tiers ont changé leur vote. Et les sommes ont augmenté en moyenne de 12 %.

analyse De par le nombre de personnes interrogées, cette étude sur le prix que chacun serait prêt à payer pour un meilleur environnement serait une première mondiale, assure l'Institut d'économie publique. L'analyse complète des résultats devrait durer au moins un an.