PACA: Une mouche met en péril l'huile d'olive

AGRICULTURE La mouche de l'olive met en péril la production de l'olive en Provence...

20 Minutes avec AFP

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Des oliviers infestés. AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS
Des oliviers infestés. AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS — AFP

Les oléiculteurs provençaux attendent une chute vertigineuse de la récolte d'olives, et donc de la production d'huile cette année. En cause, la mouche de l'olive, qui s'est abattue sur le bassin méditerranéen.

Pour 2014, les prévisions atteignaient 5.000 tonnes. Mais l'hiver doux et l'été pluvieux ont favorisé l'éclosion de la Bactrocera oleae, la mouche de l'olive qui a fait des ravages dans les oliveraies. Les olives infectées tombent au sol, laissant les arbres dépouillés.

«Nous ne sommes même pas sûrs d'arriver à 1.500 tonnes, s'inquiète Olivier Nasles, président de l'Afidol (Association française Interprofessionnelle de l'Olive). Peut-on imaginer, au 21e siècle perdre 80 à 90% d'une récolte nationale à cause d'une mouche bien connue depuis 50 ans?»

Un traitement à l'argile

Pour sauver la récolte 2014, les olives encore indemnes ou à peine piquées par la mouche ont été ramassées très tôt dans la saison, début octobre au lieu de novembre. Mais, n'étant pas alors à maturité, leur rendement est moindre. Même dans les oliveraies les moins touchées, la production d'huile est inférieure aux années précédentes.

Olivier Nasles met en cause la réglementation actuelle qui n'autorise que «deux traitements insecticides» alors qu'il en faudrait selon lui «six à huit sur la période» suivant l'attaque de la mouche.

Plutôt que d'abuser de traitements curatifs, certains oléiculteurs préfèrent se tourner vers un traitement préventif, à l'argile blanche, efficace mais nécessitant un plus grand nombre de passages.

Des importations en hausse

«Mais cela devient coûteux», explique Arnaud Truphème, oléiculteur dans le Var qui a dû traiter ses arbres huit fois au lieu de cinq habituellement. Aux Beaux-de Provence, où l'huile d'olive d'appellation d'origine protégée (AOP) est particulièrement réputée, Jean-Benoît Hugues, propriétaire du moulin Castelas, parle d'une «récolte catastrophique», passée de 150 tonnes d'olives en 2013 à 35 cette année malgré neuf traitements à l'argile blanche.

Tous espèrent que cette situation restera exceptionnelle et que la récolte sera «normale» l'année prochaine. Dans l'immédiat, ils envisagent une perte de gain conséquente car «on ne peut pas beaucoup jouer sur les prix qui sont traditionnellement élevés», selon le porte-parole de l'Afidol, Olivier Roux.

Pour cette année «on aura des importations» d'huile venue d'autres pays producteurs, Tunisie, Maroc, Italie et Espagne, prévoit Jean-Benoît Hugues. Faut-il encore que le consommateur «soit assuré de son origine».