Marseille: Une association d'aide aux détenus et aux précaires en redressement judiciaire

SOCIETE Le Service provençal d'encouragement et de soutien (SPES) risque de mettre la clé sous la porte...

Mickael Penverne

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Marseille, le 18 novembre 2014, le Service ProvenÁal d'encouragement et de soutien est en redressement judiciaire.
Marseille, le 18 novembre 2014, le Service ProvenÁal d'encouragement et de soutien est en redressement judiciaire. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Moins d’un mois après le dépôt de bilan du centre d’accueil des Baumettes, une autre association travaillant avec le ministère de la Justice risque de mettre la clé sous la porte.

Créé en 1968 par des magistrats du tribunal de grande instance (TGI) de Marseille, le Service provençal d’encouragement et de soutien (SPES) a été placé en redressement judiciaire. Sans repreneur d’ici le 10 décembre, il mettra la clé sous la porte.

Eviter la récidive

Au-delà des 63 emplois menacés, c’est une action sociale protéiforme qui risque de s’éteindre. Le SPES mène de nombreuses missions pour le TGI: des «enquêtes sociales rapides» sur les prévenus, des contrôles judiciaires socio-éducatifs ou encore des enquêtes de personnalités sur des mis en examen et des victimes.

Le Service gère également un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), situé sur le boulevard d’Athènes (1er), qui accueille une trentaine d’hommes sortant de prison, placés sous contrôle judiciaire ou bénéficiant d’un aménagement de peine.

«L’objectif est d’éviter la récidive mais aussi de leur permettre de se mettre un peu au vert», témoigne Catherine Magal, chef de service au centre d’hébergement. Mais le SPES gère aussi un autre CHRS, dédié aux jeunes filles en grande précarité: celui de Claire Joie, rue Breteuil (6e).

«Propice à la délinquance»

Maeva y réside depuis trois semaines. Après avoir fui le domicile familial, cette Lorraine âgée d’une vingtaine d’années a vécu chez des amis pendant trois ans, avant de se retrouver à la rue fin août.

Le centre Claire Joie, «c’est le premier foyer où je me sens bien, dit-elle. Ils nous aident à récupérer nos papiers et ils sont très présents quand ça ne va pas […]. Il faut qu’il y ait un repreneur. Pour moi, c’est inenvisageable de retrourner dans la rue. C’est trop propice à la délinquance. Passer de la rue à la prison, vous savez… Ca arrive vite.»