OM: Pour les supporters, les gardes à vue à propos du transfert de Gignac sont un coup monté

FOOTBALL Pour eux, ce n'est pas un hasard si ces interpellations ont eu lieu précisément ce mardi...

Loic Becart

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Pape Diouf à Marseille le 4 février 2014.
Pape Diouf à Marseille le 4 février 2014. — Alain ROBERT/Sipa

Jusque là, tout allait bien. L’OM est en tête du championnat, l’effet Bielsa fonctionne à plein régime et les supporters jouissent d'un Vélodrome flambant neuf. Et puis la machine s’enraye. Sur le terrain d’abord, avec des défaites contre Lyon et Paris, et maintenant dans les coulisses avec les gardes à vue du président Vincent Labrune, du directeur général Philippe Pérez et des anciens dirigeants Jean-Claude Dassier et Pape Diouf ce mardi.

Alors chez les supporters, la pilule de ce nouveau coup dur sur le club a du mal à passer. «Comme par hasard, ça tombe ce jour-là, avec l’équipe de France qui joue au Vélodrome et un moment où Marseille est devant Paris au classement, note Gilbert Deukmedjan, vice-président du club central des supporters de l’OM. Un Olympique de Marseille premier de Ligue 1, ça dérange le foot français.»

Ces gardes à vue se faisant dans le cadre d’une enquête sur le transfert d’André-Pierre Gignac en 2010, la théorie du coup monté pour déstabiliser le club n’est en effet pas loin pour les supporters. «J’ai l’impression que des gens gardent une affaire sous le coude pour la ressortir au moment où l’OM va bien, estime Jean-Christophe Le Vaillant, responsable des Dodger’s Sanary. On va encore dire que les Marseillais sont paranos mais à chaque fois qu’on figure bien, une affaire ressort.»

«Je suis plus inquiet pour les matches de L2 que pour ça»

D’autant plus que l’OM semblait avoir redoré son blason. Un sondage paru avant PSG-OM montrait que 60% des personnes interrogées jugeaient le club marseillais plus sympathique que son grand rival.

Alors voir caméras, micros et appareils photo faire le pied de grue devant l’hôtel de police de Marseille pour relayer cette affaire ne plaît pas à tout le monde et crée de la tension. A l’image de ce jeune portant un survêtement de l’équipe de France et qui se rendait au commissariat ce mardi matin: il parlait de «journalistes parisiens» en les voyant et a menacé deux reporters télé au moment de se garer.

«Mais ce n’est pas une garde à vue aujourd’hui qui va changer la bonne image d’un club qui existe depuis 1899», insiste Gilbert Deukmedjan. «Bien sûr que ça va ternir l’image du club, pense Jean-Christophe Le Vaillant. Après, des affaires sur les transferts, c’est comme le dopage, il y en a toujours eu. En tant que fan de foot, je suis plus inquiet pour l’affaire des matches suspects en Ligue 2 que pour ça.»