Avenir sans sel à Salin-de-Giraud

RESTRUCTURATION La direction des Salins du Midi a annoncé hier, lors d'un comité central d'entreprise à Paris, la suppression...

Laurent Berneron

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La direction des Salins du Midi a annoncé hier, lors d'un comité central d'entreprise à Paris, la suppression de 73 postes sur 128 dans son exploitation de Salin-de-Giraud, en Camargue. Ce « projet de réorganisation » prévoit de réduire la production de 770 000 tonnes à 340 000 tonnes par an et de la cantonner à la fourniture de sel de déneigement. A l'origine de cette décision, la perte en 2006 d'un important contrat de livraison de sel (300 000 tonnes) au groupe chimique Arkema. « Cette source de revenu conséquente permettait de "subventionner" l'activité à l'exportation de Salin-de-Giraud. Nous ne sommes plus en mesure de le faire », explique Michel Derancourt, directeur général des Salins du Midi.Pour le secrétaire général CGT du comité d'entreprise, Raouti Zenasni, cette opération est une « délocalisation en cachette », au profit d'un autre salin du groupe en Tunisie. « Nous sommes en compétition avec des concurrents méditerranéens qui ont des coûts inférieurs à ceux de Salin-de-Giraud », reconnaît en filigrane Michel Derancourt. Un nouveau comité central d'entreprise doit se réunir « d'ici à trois semaines », pour évoquer le volet social du plan.La CGT a d'ores et déjà sollicité l'aide de l'Etat pour un plan de reconversion. « Les discussions peuvent s'engager avec les acteurs locaux » sur l'avenir du site, estime le directeur général. Quant à la date de cette réorganisation, Michel Derancourt dit « ne pas avoir de calendrier précis ».

emploi Situé à 45 kilomètres d'Arles, le village de Salin-de-Giraud (2 200 habitants) dépend, pour l'emploi, essentiellement des Salins et de la société chimique belge Solvay (128 personnes).