Marseille: Le «néo-banditisme» de cité en procès

JUSTICE Le tribunal correctionnel juge à partir de mardi les acteurs présumés du réseau de vente de stupéfiants de la cité Bassens, dans le 15e arrondissement...

20 Minutes avec AFP

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Le palais de justice de Marseille
Le palais de justice de Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

L'affaire remonte à janvier 2012 lorsque Driss Oualane, 26 ans, se soustrait à un contrôle routier de la brigade anti-criminalité, abandonnant son véhicule, une Audi A3, en contrebas de la cité La Paternelle.

Dans le coffre, les policiers découvrent dix fusils d'assaut de type Kalachnikov ainsi que dix chargeurs approvisionnés et dix autres vides. Après six mois de cavale, Driss Oualane est interpellé en juin 2012, dans le cadre d'une autre enquête portant sur l'enlèvement et la séquestration d'Hassani M., le 13 juin 2012.

En dépit des risques de représailles, celui-ci avait en effet cherché refuge auprès de la police, racontant avoir été contraint, sous la menace d'armes, de monter dans le coffre d'une Clio.

Attaché avec du fil de fer

Transporté dans une villa de Marignane, il soutient avoir été attaché avec du fil de fer et menacé avec une Kalachnikov à verser de l'argent.

Driss Oualane et Fathi Moussaoui, 33 ans, présenté par l'accusation comme le responsable du réseau de stupéfiants de Bassens, réfutent avoir violemment exigé le remboursement par Hassani M. des 44 kg de résine de cannabis destinés au réseau de Bassens, transportés par son frère et son cousin, tous deux interpellés par les Douanes, le 30 mai 2012, à Paris.

Dans la villa de Marignane, les enquêteurs ont découvert 16,4 kg de cannabis, du matériel de conditionnement ainsi que 132.000 euros en petites coupures.

Gestionnaires

La location de discrètes maisons à quelques dizaines de kilomètres des cités où se pratiquent la vente de drogue permet, selon les enquêteurs, d'éviter d'avoir à stocker de grandes quantités de marchandises et d'argent dans la cité elle-même.

Un troisième volet de l'enquête a permis la découverte de 10 autres kilos de résine de cannabis dans un appartement inoccupé de la cité Bassens, l'une des plus déshéritées de Marseille, et l'arrestation de trois gestionnaires du plan de vente dont un mineur.