Téléréalité: La sénatrice des Bouches-du-Rhône Samia Ghali dans la peau d'une secrétaire sur D8

TELEVISION Samia Ghali a participé à l'émission de téléréalité «Dans la peau d'un autre», qui sera diffusée sur D8. Elle s'en explique auprès de 20 Minutes...

Mickael Penverne
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La sénatrice socialiste Samia Ghali a participé à une émission de téléréalité.
La sénatrice socialiste Samia Ghali a participé à une émission de téléréalité. — P.Magnien / 20 Minutes

La sénatrice socialiste des Bouches-du-Rhône, Samia Ghali, a participé à une nouvelle émission de téléréalité baptisée «Dans la peau d'un autre» qui sera diffusée fin octobre ou début novembre sur la chaîne D8.

Quel est le concept de cette émission?

Un élu se met dans la peau d'un citoyen comme les autres pour vivre sa vie de tous les jours. Moi, je me suis mis à la place d'une secrétaire, divorcée, avec deux enfants, au SMIC, qui cherche un logement à Marseille.

Pourquoi avez-vous accepté d'y participer?

J'ai mis entre 6 et 8 mois pour me décider. J'ai eu plusieurs échanges avec ceux qui font l'émission parce que je ne voulais pas tomber dans la téléréalité. Finalement, ils m'ont convaincue.

Comment s'est déroulé le tournage?

La préparation a pris au moins 3 mois. D'ailleurs, je ne pensais pas que ça prendrait autant de temps. Je n'avais pas vraiment mesuré le temps que pouvait prendre la construction de ce personnage. J'avais une perruque blonde. J'étais grimée. Personne ne m'a reconnue. On a tourné pendant une journée, un peu partout dans Marseille, dans les quartiers nord, dans les quartiers sud, dans le centre-ville. J'étais accompagnée d'une personne de l'émission qui filmait en caméra cachée.

Qu'avez-vous retenu de cette expérience?

Je n'avais pas vraiment besoin de ça pour savoir ce qu'il se passait. Je sais depuis longtemps que la question du logement est importante pour toutes les familles. Quand on gagne ce que gagne la majorité des gens, c'est-à-dire le SMIC, c'est très difficile d'en trouver. Cela ne suffit pas la plupart du temps parce que les agences immobilières vous demandent des garanties. C'est très compliqué. Et pas seulement pour les gens qui n'ont pas d'emplois mais aussi pour les salariés.

Si vous connaissiez la situation, pourquoi alors participer à cette émission?

Pour vous [les médias] faire réagir et attirer l'attention sur la question du logement. Trouver un logement, c'est une vraie galère. A Marseille, il y a 37.000 demandes de logement social en attente. Entre 70 et 80% des foyers marseillais sont éligibles au logement social. Une famille sur trois vit ici sous le seuil de pauvreté et une famille sur deux est une famille monoparentale. Dans ce contexte, c'est une vraie problématique.

Des scènes vous ont-elles particulièrement marqué pendant cette journée de tournage?

Certains agents m'ont carrément conseillé de trouver un conjoint parce que, comme ça m'ont-ils dit, vous trouvez un logement plus facilement. J'ai aussi remarqué qu'il y avait une différence au sein des agences immobilières entre les femmes et les hommes. Quand on avait affaire à un homme, c'était très froid, très direct. Alors qu'une femme essayera de s'arranger, de vous aider. Dans une autre agence, on m'a dit aussi qu'ils ne faisaient pas de social, mais de la finance. Ça fait drôle quand même.

Vous savez que votre participation à une émission la téléréalité va sans doute provoquer des critiques...

Oui, mais je n'ai pas fait «Danse avec les stars». C'est une chose de mettre les gens dans une boîte et de les regarder vivre, et une autre de vivre la réalité concrète des gens. Je pense d'ailleurs qu'il serait bien que d'autres élus fassent comme moi. Si Emmanuel Macron [ministre de l'Economie] vivait quelques jours à Pôle Emploi, il se rendrait compte de la galère que vivent les demandeurs d'emploi et il arrêterait de généraliser. Mais je suis aussi prêt à faire l'inverse: prêter ma vie d'élue à quelqu'un pendant quelques jours...

Vous ne regrettez pas de l'avoir fait?

Non, j'assume complètement.