Le president du Conseil General des Bouches-du-Rhône Jean Noel Guérini en 2012.
Le president du Conseil General des Bouches-du-Rhône Jean Noel Guérini en 2012. — PATRICE MAGNIEN/20 MINUTES/SIPA

JUSTICE

Marseille: Ciot et Guérini au tribunal

Jean-Noël Guérini, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône passe devant la justice lundi pour détournement de fonds publics. Il est soupçonné d'avoir versé en 2011, 65.000 euros d'indemnités à Jean-David Ciot, premier secrétaire fédéral, pour lui permettre de se présenter aux législatives de 2012...

Jean-Noël Guérini, ex-homme fort du PS dans les Bouches-du-Rhône doit répondre lundi devant la justice de détournement de fonds publics lors du licenciement de Jean-David Ciot, son collaborateur devenu député et patron du PS marseillais.

La justice reproche à l'élu, mis en examen en mars 2013, d'avoir versé, au printemps 2011 plus de 65.000 euros d'indemnités de licenciement à Jean-David Ciot, alors conseiller technique dans son cabinet de président du conseil général, et licencié après neuf années. Jean-David Ciot est renvoyé devant le tribunal pour «recel de détournement de fonds publics».

S'ils sont reconnus coupables les deux parlementaires risquent la prison et l'inéligibilité.

Les deux hommes nient un licenciement de complaisance

La justice soupçonne un licenciement de complaisance pour permettre à Jean-David Ciot de se présenter aux législatives en 2012. Les deux hommes nient.

En juillet 2012, Jean-David Ciot a succédé à Jean-Noël Guérini à la tête de la fédération PS avant de remporter, en 2012, les législatives contre la députée UMP sortante, Maryse Joissains.

Pour Dominique Mattéi, avocat de Jean-Noël Guérini, ce dossier «n'est pas un dossier pénal. C'est un dossier où l'on peut examiner les modalités d'un licenciement», a-t-il indiqué. L'avocat «ose espérer que le tribunal correctionnel prononcera purement et simplement la relaxe» de son client.

Pour une source proche du dossier, il s'agit cependant bel et bien d'escroquerie faite au détriment du conseil général pour permettre à Jean-David Ciot de payer sa campagne électorale et de quitter ses fonctions au moins six mois avant les législatives comme l'exige la loi.

Jean-Noël Guérini est par ailleurs poursuivi par la justice dans un vaste dossier de marchés publics frauduleux du Conseil général, en lien avec son frère Alexandre Guérini et dans lequel il a lui-même été mis en examen, notamment pour association de malfaiteurs.

Trois sièges au Sénat

En délicatesse depuis ses ennuis judiciaires avec le PS dont il a dirigé la puissante fédération des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini avait devancé en avril son exclusion en annonçant sa démission du parti, fondant dans la foulée son mouvement politique, « La Force du 13 ».

Réélu sénateur fin septembre après avoir oeuvré à la victoire de Jean-Claude Gaudin (UMP) à la mairie contre ses anciens amis socialistes qui l'accusent de «clientélisme», Jean-Noël Guérini a réussi à faire entrer deux de ses proches à la Haute Assemblée alors que son ancien parti n'a sauvé qu'un seul de ses cinq sièges.

Cette victoire aux sénatoriales le positionne déjà comme un adversaire redoutable aux élections départementales de mars 2015. Même condamné, il pourra s'y présenter s'il fait appel.