Aix-en-Provence: Un homme est jugé pour avoir sciemment contaminé sa partenaire sexuelle avec le VIH

JUSTICE Un homme est jugé jusqu'à jeudi à Aix-en-Provence pour avoir sciemment contaminé l'un de ses partenaires sexuelles avec le VIH...

avec AFP

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Christophe Morat en 2005.
Christophe Morat en 2005. — AFP

Au premier jour de son procès lundi devant les assises des Bouches-du-Rhône, un homme accusé d'avoir sciemment contaminé l'une de ses partenaires sexuelles avec le VIH et déjà condamné pour des faits similaires, a été décrit comme «sociable, joyeux» mais aussi «affabulateur», «immature» et «égocentrique».

Christophe Morat, 40 ans, est poursuivi pour «administration volontaire de substances nuisibles ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, avec préméditation et en état de récidive légale».

En état de récidive

En janvier 2005, la cour d'appel de Colmar avait confirmé sa condamnation à six ans de prison ferme pour avoir contaminé deux de ses partenaires sexuelles.

Ce chauffeur de bus, informé de sa séropositivité depuis 1998, travaillait à Istres entre 2009 et 2012, au moment des faits. Actuellement en détention, il est de nouveau accusé d'avoir contaminé l'une de ses partenaires sexuelles, avec laquelle il a eu une relation suivie.

Cette femme, qui ignorait au départ la séropositivité de son amant, a continué à être sa partenaire même après avoir appris son état. D'abord avec préservatif, puis sans.

Elle a finalement été contaminée. «Il l'avait rassurée en disant qu'elle ne risquait rien parce qu'il n'éjaculait pas en elle», a expliqué un enquêteur à la barre.

«Affabulateur»

Il est également reproché à l'accusé d'avoir «administré volontairement des substances ayant porté atteinte à l'intégrité psychique» de cinq autres femmes, qui, elles, n'ont pas été contaminées malgré des rapports non protégés.

L'enquêteur de personnalité a décrit un homme contrasté et marqué par une enfance difficile. Un homme en apparence «sociable, joyeux, apprécié» dans le cadre de son travail mais aussi «affabulateur» par une partie de son entourage. Son placement dans une famille d'accueil a provoqué «un sentiment de rejet et d'abandon derrière lequel il a tendance à se réfugier pour justifier ses actions».

«J'ai craqué»

La présidente de la cour d'assises a longuement exposé les faits, rappelant les multiples relations qu'entretenait l'accusé entre 2008 et 2012. Ces relations ont pris fin lorsqu'une des jeunes femmes a porté plainte après avoir découvert sur internet l'histoire de Christophe Morat. D'une voix hésitante, l'accusé a d'ailleurs «reconnu» avoir eu des rapports avec cinq de ces femmes sans les avoir averties de sa séropositivité.

A la présidente qui l'interroge sur les raisons qui l'ont poussé à avoir ces relations multiples, alors même qu'il avait reconnu avoir trouvé une compagne qui ne l'avait pas rejeté en apprenant sa maladie et qu'il «aime», il explique «avoir eu un moment de faiblesse». «J'ai été inconscient, j'ai pas réfléchi à ce que je faisais, j'ai craqué», se justifie-t-il.

Il encourt, dans le cas de sa compagne contaminée, 30 ans de réclusion criminelle, du fait de l'état de récidive, avec la circonstance aggravante de la préméditation.