Le parc régional du Luberon.
Le parc régional du Luberon. — J. LESCOURRET / SUPERSTOCK / SIPA

ENVIRONNEMENT

Luberon: Des élus EELV dénoncent un projet de prospection d'hydrocarbures

Une consultation publique du ministère de l'Ecologie pourrait ouvrir la voie à la prospection d'hydrocarbures dans le parc naturel du Luberon. Les écologistes s'inquiètent...

Des élus écologistes ont fait part vendredi de leur inquiétude après avoir «découvert» tout récemment l'existence d'une consultation publique du ministère de l'Ecologie qui pourrait ouvrir la voie à la prospection d'hydrocarbures en plein parc naturel du Luberon.

Les habitants devant «le fait accompli»

«Nous venons de découvrir cette semaine qu'une procédure de consultation préalable à l'attribution d'un permis de recherches d'hydrocarbures, sur une surface de 870 km2 dans le parc naturel du Luberon, était en cours. Les collectivités n'en ont absolument pas été informées», a dénoncé le bureau de la députée européenne EELV Michèle Rivasi.

Dans un communiqué commun, Michele Rivasi et José Bové, lui aussi député européen, ont dénoncé une «fuite en avant à la recherche d'énergies fossiles». «Depuis 2011, les collectifs locaux et les élus dénoncent les méthodes opaques d'attribution des permis de recherche d'hydrocarbures. A l'heure actuelle, les habitants se retrouvent devant le fait accompli», ont-ils ajouté.

«Nous sommes très inquiets. Si le permis devait être accordé, cela provoquerait la destruction de notre ressource première, l'eau, en raison des dégâts attendus sur la nappe phréatique. Et que dire de l'impact sur l'activité touristique, l'une de nos principales sources de revenus?», a renchéri Olivier Florens, conseiller général EELV du Vaucluse, département sur lequel s'étend majoritairement le Parc naturel du Luberon.

Un projet «opaque»

La consultation publique pour le «projet de permis exclusifs de recherches d'hydrocarbures liquides ou gazeux conventionnels dit Calavon» est accessible sur le site internet du ministère de l'Ecologie. La période de consultation, ouverte le 19 septembre, se termine le 11 octobre, «un délai trop court», selon Olivier Florens, qui a dénoncé aussi le fait que l'intégralité du dossier ne soit pas accessible au public.

«Nous, le public, on est des ânes, on n'est pas capables de comprendre», a-t-il ironisé. Le bureau de Michele Rivasi a également déploré une procédure se déroulant «dans l'opacité».

Les opposants à ce projet se disent également «convaincus» que, si le permis était accordé, en l'occurrence à la société Tethys Oil France qui en a fait la demande, celle-ci aurait recours à la fracturation hydraulique, interdite en France, bien qu'elle se soit engagée selon le ministère à ne pas y recourir.