5.000 emplois menacés dans les travaux publics en PACA

ECONOMIE Patronat et syndicats tirent, ensemble, la sonnette d'alarme...

Mickael Penverne

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Marseille, le 17 septembre 2014, la filière des travaux publics pourraient perdre 5000 emplois en PACA d'ici 2017.
Marseille, le 17 septembre 2014, la filière des travaux publics pourraient perdre 5000 emplois en PACA d'ici 2017. — Mickaël Penverne / 20 Minutes

Une fois n'est pas coutume, patronat et salariés sont à l’unisson. La Fédération régionale des travaux publics (FRTP) et plusieurs syndicats de la filière (FO, CFDT, CFTC et CFE-CGC) viennent de signer un communiqué commun pour mettre en garde les autorités d’un effondrement du secteur.

Selon ces organisations, que d’habitude tout oppose, «5.000 emplois vont disparaître d’ici à 2017 en PACA». Le secteur, qui rassemble 810 entreprises et emploie plus de 25.000 salariés dans la région, a vu son carnet de commandes chuter de 17% au 2e trimestre 2014 -elle avait déjà baissé de 7% au 4e trimestre 2013. Les effectifs sont également en diminution, entre -2 et -3%, depuis la fin de l'année dernière.

«C'est le marasme complet»

Mais le pire serait encore à venir. «On s’attend à une diminution de notre activité de 20%» dans les prochains mois, affirme Laurent Amar, président de la FRTP. D’où le risque, selon lui, de voir disparaître plusieurs milliers d’emplois. «Avant, quand il n’y avait plus de commandes publiques, les entreprises de TP se rabattaient vers l’industrie, voire le nucléaire, renchérit Michel Delannoy, de la CFE-CGC. Mais là, c’est le marasme complet, de partout».

Plusieurs raisons à cela: l’abandon de l’écotaxe qui devait servir à financer les infrastructures de transport, une année électorale chargée avec les municipales au printemps et les sénatoriales en septembre qui ont «gelé» les commandes, et surtout, la réduction des investissements des collectivités locales dans un contexte général d'austérité budgétaire. Or, les travaux publics dépendent dans la région à 66% de ces investissements.

«Un bien pour tout le monde»

Ce qui conduit Laurent Amar, par ailleurs vice-président du Medef PACA, à réclamer la fin de l’austérité et même, un plan de relance de l'activité. «Aujourd’hui, un bon élu, c’est un élu qui ne bouge plus, soupire-t-il. Nous sommes conscients que nous ne reviendrons pas aux niveaux de dépenses publiques que l'on a connus ces dernières années. Mais il existe de bonnes dépenses. Quand on décide de construire une route, c’est un bien pour tout le monde. Il faut faire évoluer les mentalités et trouver des solutions pour les uns et les autres. Il est temps d’être pragmatique».