Marseille: La direction de la SNCM plaide pour le redressement judiciaire

SOCIAL Une réunion sur l'avenir de compagnie maritime s'est déroulée ce mardi à  la préfecture. La direction parle toujours de redressement judiciaire, une option soutenue par l'actionnaire majoritaire Transdev et l'Etat...

A.R. avec AFP
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Illustration d'un ferry de la SNCM, le 6 janvier 2014 à Marseille.
Illustration d'un ferry de la SNCM, le 6 janvier 2014 à Marseille. — Alain ROBERT/APERCU/SIPA

La direction de la SNCM a de nouveau présenté mardi lors d'une réunion en préfecture le redressement judiciaire comme option privilégiée pour sortir de l'ornière la compagnie maritime en difficulté, condamnée par Bruxelles à rembourser 440 millions d'euros.

«Cela fait partie des problématiques que nous aurons à traiter dans les semaines et dans les mois qui viennent, en sachant qu'il y a toujours des discussions entre l'Etat et Bruxelles, ces discussions dicteront notre positionnement», indique Olivier Diehl, le président du directoire de la compagnie.

«Simplifier les structures»

L'option du redressement judiciaire a la faveur de l'actionnaire majoritaire Transdev et de l'Etat. Ils estiment qu'elle est la seule solution pour s'affranchir des condamnations de Bruxelles. La Commission européenne demandée remboursement de 440 millions d'euros d'aides indûment perçues, selon Bruxelles.

«Aucun repreneur ne viendra s'il n'y a pas une fiabilité retrouvée. Il faut simplifier les structures, et surtout s'occuper de nos clients», estime Olivier Diehl.

«Envoyer une des plus grosses compagnies maritime au tapis»

«Il n'y a pas de solution dégagée pour l'instant. Le redressement judiciaire demeure un point de débat», nuance Gilles Bélier, le médiateur nommé par le gouvernement.

Pour Frédéric Alpozzo, le représentant de la CGT marins, «il n'y a rien qui légitime le redressement judiciaire». Il est «erroné» de dire que la compagnie était condamnée à payer immédiatement les 440 millions réclamés par Bruxelles, selon lui.

«Nous allons mettre en œuvre tous les moyens à notre disposition, juridiques, politiques et, si nécessaire, le rapport de force pour que le gouvernement revienne à la raison», prévient le représentant CGT.

«Malheureusement ce soir je reste pessimiste, estime Pierre Maupoint de Vandeul, le représentant de la CFE-CGC. Aujourd'hui aucun des acteurs autour de la table n'est en mesure de nous apporter des garanties, sur la transmissibilité juridique de la délégation de service public et sur l'effacement de passif», ajoute-t-il, craignant que le redressement judiciaire n'aboutisse «à envoyer une des plus grosses compagnies de navigation françaises au tapis».

Deux nouvelles réunions sont programmées les 7 et 28 octobre, dans le cadre de ce processus enclenché en juillet par le médiateur du gouvernement pour sortir d'une grève de 17 jours ayant paralysé le trafic de la compagnie entre la Corse et le continent en pleine saison touristique.