Les Don Quichotte dans l'impasse

LOGEMENT Une trentaine de personnes manifestait hier devant la préfecture pour un déjeuner de soutien aux sans-abris qui campent depuis deux mois porte d'Aix

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Comme tous les premiers mercredis du mois, à midi pile la sirène d'alerte se met à sonner. Mégaphone à la main, Claude prend la parole : « La sirène ça veut dire "tous aux abris". Mais nous, justement, on n'en a pas ! » Une trentaine de personnes manifestait hier devant la préfecture pour un déjeuner de soutien aux sans-abris qui campent depuis deux mois porte d'Aix (1er). Aujourd'hui, le camp compte toujours 25 tentes. Une vingtaine de personnes en permanence, « et deux ou trois tentes qui servent pour des gens en transit » explique Claude Lobreaux, militant du collectif Un toit pour toit, qui campe lui aussi sur place. Contrairement à la mairie d'Aix, la ville de Marseille n'a pas demandé l'évacuation du campement. Mais la situation reste bloquée. « Ceux qui restent sur le camp ont refusé nos propositions de relogement, justifie la préfecture. Et nous n'avons pas d'autres solutions. » Le collectif réclame une salle chauffée pour loger ensemble plusieurs sans-abris, ou des solutions individuelles, mais en dehors de l'hébergement d'urgence. Depuis un mois, préfecture et sans-abris n'ont plus de contact. Hier, alors que la manifestation venait de commencer, une dizaine de CRS sont venus se poster à quelques mètres des tables. « Vous n'avez pas demandé l'autorisation de manifester, explique un policier. On vous laisse jusqu'à 13 h 30... » L'ambiance reste cependant détendue. Une maman vient ainsi proposer une assiette aux CRS. Refus poli : « On n'a pas mangé mais une autre fois... »

Frédéric Legrand