«Les gens ont peur car ils ne savent pas»

SIDA «Vivre au quotidien le VIH c'est assumer les rôles de femme, de mère et d'épouse, en supportant les traitements avec des dosages inadaptés aux morphologies féminines», explique Géraldine, membre du collectif Femmes et Sida en Paca et mère de famill...

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« Vivre au quotidien le VIH c'est assumer les rôles de femme, de mère et d'épouse, en supportant les traitements avec des dosages inadaptés aux morphologies féminines », explique Géraldine, membre du collectif Femmes et Sida en Paca et mère de famille. Constitué de plusieurs associations (Aides, Sol en Si, Sida Info Service...), le collectif a été créé pour ouvrir un espace de paroles aux femmes et pour faire évoluer le regard de la société sur les personnes séropositives. Entres elles, elles discutent aussi bien-être. « Lorsqu'on a maigri par exemple, on voudrait savoir comment faire pour s'habiller, se maquiller, pour se faire belle », poursuit Géraldine. Pour Marie Suzan, présidente de l'association Aides des Bouches-du-Rhône, « les campagnes vont dans le sens de la prévention mais il y a peu d'informations sur les personnes atteintes par le virus ». Selon Sandrine, « les gens ont peur car ils ne savent pas ». Il lui a fallu dix ans pour s'insérer dans la vie de son village du Var. « Au début, je recevais des coups de fils anonymes d'insultes, les gens faisaient des paris sur le temps qu'il me restait à vivre », raconte-t-elle. Séropositive depuis vingt-deux ans, elle quitte Paris à 18 ans avec son fils de 6 mois « pour échapper à la toxicomanie ». Aujourd'hui, elle est investie dans la vie associative de son village et respectée. « C'est une belle revanche. Mais mon voeu le plus cher est que l'on trouve un vaccin », sourit-elle. En Paca, 30 % des nouveaux diagnostics de séropositivité en 2005 ont concerné des femmes. Entre 15 et 29 ans, elles représentent 43% des personnes contaminées.

Amandine Rancoule