Marseille: «Extrême indignation» de la famille du juge Michel

JUSTICE François Checchi condamné en 1988 à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'assassinat du juge Michel bénéficie depuis lundi d'un régime de semi-liberté. La famille du juge s'y était formellement opposée...

A.R. avec AFP

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Marseille le 12 avril 2011 - Plaque commémorative en hommage au juge d'instruction Pierre MICHEL assassiné en 1981 à Marseille
Marseille le 12 avril 2011 - Plaque commémorative en hommage au juge d'instruction Pierre MICHEL assassiné en 1981 à Marseille — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Il est en semi-liberté depuis lundi. François Checchi, 65 ans condamné en 1988 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 18 ans pour l'assassinat du juge Michel, travaille désormais comme agent d'entretien dans une association d'insertion de la région caennaise, selon La Provence. Ce régime de semi-liberté lui a été accordé par la chambre d'application des peines du parquet général de Caen le 31 juillet.

« Perte irréparable sans aménagement possible »

La famille du juge Michel, tué le 21 octobre 1981 à Marseille alors qu'il circulait à moto, a fait part samedi de son «extrême indignation» à la suite de l'aménagement de peine dont bénéficie l'assassin de ce magistrat, spécialiste des réseaux internationaux de trafic de drogue.

«Madame Jacqueline Michel, veuve du juge Pierre Michel et leurs deux filles Béatrice et Emmanuelle, tiennent à faire part de leur extrême indignation et de leur profonde douleur suite à la décision d'aménagement de peine de l'un des assassins de leur époux et père», ont-elles indiqué dans un communiqué.

«Elles s'étaient au préalable formellement opposées à cette demande. Il apparaît désormais que l'avis de la famille Michel ne mérite plus aucune considération», poursuivent-elles.

«Si les assassins réclament des aménagements de peines, la famille Michel subit quant à elle cette perte irréparable sans aménagement possible. Sa tristesse est perpétuelle», affirme encore la famille.

«La French connection»

Premier juge d'instruction à Marseille, en charge des affaires de drogue les plus importantes dont celle de la «French connection», Pierre Michel avait été tué de trois balles de 9 mm par deux hommes casqués circulant à moto, alors qu'il rentrait chez lui, également à moto.

Les enquêteurs avaient remonté la piste des commanditaires: François Girard, membre de la French sicilian connection et Homère Filippi, également condamné dans des affaires de drogue dans le sud de la France, tous deux incarcérés à Marseille dans des affaires instruites par le juge Michel.