A Marseille, la pression ne retombe pas sur les rythmes scolaires

EDUCATION Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi après-midi devant la mairie...

Mickael Penverne

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Marseille, le 12 septembre 2014, les parents d'ÈlËves manifestent devant la mairie de Marseille.
Marseille, le 12 septembre 2014, les parents d'ÈlËves manifestent devant la mairie de Marseille. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

A l’appel de plusieurs associations de parents d’élèves et des syndicats d’enseignants et d’agents territoriaux (à l’exception de Force Ouvrière), près d’un millier de personnes ont manifesté vendredi après-midi sous les fenêtres de la mairie pour protester contre la non-application de la réforme des rythmes scolaires.

Contrairement aux autres grandes villes de France, Marseille n’a pas encore mis en place les activités périscolaires le vendredi après-midi. A la place, la municipalité propose d’instaurer des garderies à partir de 13h30.

Gaudin en ligne de mire

«On ne veut pas de garderie mais des activités, s’agace Séverine Gil, présidente du Mouvement parents d’élèves du 13 (MPE 13). Nous sommes la seule ville de France où rien n’a été fait. Il est temps que le gouvernement fasse entendre raison au maire ».

Que ce soit de la part des syndicats ou des parents d’élèves, Jean-Claude Gaudin était la cible de toutes les critiques. Moungi a ses trois enfants à l’école Air Bel, dans le 11e arrondissement. Vendredi après-midi, comme «il n’y avait rien de prévu» pour les garder, c’est sa femme qui s’en est chargée. «Le maire joue le pourrissement, peste-t-il. Il fait de la politique politicienne avec nos enfants. C’est irresponsable».

«Ils nous prennent pour des cons»

Anaïs, dont le fils est scolarisé dans le 7e arrondissement, expose les mêmes griefs vis-à-vis de la municipalité: «Ca fait deux ans qu’on sait qu’il y a cette réforme. Alors, même si on se place dans un rapport de force politique avec le gouvernement, on la prépare quand même ».

Sylvain a ses deux enfants dans une école du 6e arrondissement. Il se montre encore plus direct: «Ils nous prennent pour des cons. Que le maire soit d’accord ou pas avec cette réforme, il n’a pas le droit de mettre ses administrés dans la merde ».

Quelles solutions?

Présent parmi les manifestants, l’ancien candidat socialiste aux municipales, Patrick Mennucci, assure que la mairie risque de «passer à côté» du fonds d’amorçage des rythmes scolaires qui a été mis en place pour aider les communes en difficultés et qui prévoit 90 euros d’aides par enfants (plus 52 euros de la Caisse d’Allocations familiales). «La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem veut que les choses aboutissent, assure le député des Bouches-du-Rhône. Mais si, de son côté, la mairie n’avance pas dans la réforme, elle prend le risque de ne rien toucher. Tout ça, c’est la même histoire que le stade Vélodrome. C’est de l’impéritie ».

Pour débloquer la situation, le SNUIPP-FSU, syndicat majoritaire chez les professeurs des écoles, demande à la mairie d’embaucher du personnel municipal pour «organiser les activités périscolaires». L’UNSA propose une autre solution. «Je connais des enseignants qui aimeraient bien faire des heures supplémentaires pour arrondir leur fin de mois, explique Carole Gelly, secrétaire départementale. La mairie pourrait très bien les rémunérer le vendredi après-midi pour s’occuper des enfants. C’est une piste. Mais pour l’instant, on n’a pas de réponse ».

En attendant les propositions de la mairie, le mouvement a été reconduit.