«Honteux de demander si peu»

Amandine Rancoule

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Au tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence, lundi.
Au tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence, lundi. — A. Rancoule/20 Minutes

Le tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence examine les demandes d'indemnisations des familles des victimes du crash de la Yemenia. Le 30 juin 2009, l'accident au large des Comores a causé la mort de 152 passagers et membres d'équipages, dont une partie de la communauté comorienne de Marseille. Seule Bahia, une jeune fille alors âgée de 13 ans, a survécu, après avoir passé treize heures dans l'eau accrochée à un débris de l'appareil. Sa mère est décédée dans le crash.

Des préjudices à arbitrer


Aujourd'hui, les juges doivent arbitrer les préjudices subis. Les avocats demandent 150 000 € en moyenne, selon le lien de parenté avec la victime. «Après avoir travaillé cinq ans sur ce dossier, nous sommes presque gênés et honteux de demander si peu», raconte un des avocats des familles, Gérard Montigny, à la barre. «On ne peut pas chiffrer la vie d'un être humain. Tout ce que la Yemenia peut débourser sera toujours dérisoire», estime Mmadi Fatouma, qui a perdu une sœur et trois neveux dans l'accident. «Quelle que soit la somme, elle ne rapportera pas nos familles, j'aurai préféré rester avec ma femme. On était toujours à deux. Aujourd'hui, je suis avec les enfants, sans leur maman», indique aussi Kassim Bakari, le père de Bahia. En première année de médecine à Créteil, elle a fait sa rentrée lundi. «Bahia va bien, elle n'a pas pu être là mais c'est important pour elle, pour sa maman.»

Les avocats de la Yemenia devaient plaider dans l'après-midi. «Peut-être un début de réponse», espère un homme. Comme Mmadi Fatouma : «Nous voulons que la compagnie reconnaisse ses torts. Et que nos morts puissent reposer en paix.»