A Marseille, le PS craint le « zéro pointé » aux sénatoriales

POLITIQUE La fédération socialiste des Bouches-du-Rhône doit affronter la concurrence de Jean-Noël Guérini, et faire face à ses propres divisions...

Mickael Penverne

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Marseille, le 4 septembre 2014, Jean-David Ciot et FrÈdÈric Vigouroux Èvoquent les Èlections sÈnatoriales.
Marseille, le 4 septembre 2014, Jean-David Ciot et FrÈdÈric Vigouroux Èvoquent les Èlections sÈnatoriales. — MickaÎl Penverne / 20 Minutes

Le moral est toujours en berne au PS. Après la défaite aux municipales en mars, la fédération des Bouches-du-Rhône du Parti socialiste aborde les élections sénatoriales avec défaitisme. Selon Jean-David Ciot, le Premier secrétaire fédéral, il est possible qu’il n’y ait aucun sénateur socialiste des Bouches-du-Rhône le 28 septembre, contre trois actuellement.

«La défaite à Marseille et la non-victoire à Aix nous mettent dans une situation difficile, explique-t-il. Aujourd’hui, nous ne sommes pas en capacité de faire un sénateur ou une sénatrice dès le 1er coup.» C’est Samia Ghali, sénatrice sortante et maire du 8e secteur, qui mène la liste socialiste.

Un «apaisement de façade»

Comme beaucoup de maires et d’élus du départemen, qui sont aussi de grands électeurs, elle s’est opposée à la métropole. Mais l’argument risque de ne pas suffire. D’abord, parce que la gauche est «ultra-divisée». Le Parti communiste et les écologistes devraient présenter leurs propres listes. Le PS doit également affronter la concurrence de son ancien patron, Jean-Noël Guérini.

Autre épine dans le pied du PS: le Front national. Selon Ciot, «un certain nombre d’élus seraient tentés de voter» pour la tête de liste du FN, Stéphane Ravier, qui pourrait devenir le premier sénateur frontiste. Mais ce sont aussi les divisions internes qui menacent le PS d’une nouvelle défaite. «Tout le monde attend les sénatoriales pour savoir qui va manger qui, témoigne un militant. Si Samia (Ghali) sauve son siège, elle pourra prétendre prendre la main sur la fédé. Mais Patrick (Mennucci) la veut aussi et Jean-David (Ciot) veut la garder. Aujourd’hui, c'est vrai, tout le monde se parle. Mais c’est un apaisement de façade.»

Jean-Noël Guérini a présenté jeudi sa liste pour les sénatoriales. Baptisée « Faire gagner les Bouches-du-Rhône », elle comprend notamment la maire (sans étiquette) de Meyrargues, Mireille Jouve, le maire (ex-PS) des Pennes-Mirabeau Michel Amiel, et la maire (divers gauche) d’Auriol Danièle Garcia. Cette liste constituée «en même pas deux heures» représente «la diversité des villes et des villages» du département, a expliqué le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, et sénateur sortant. Elle rassemble surtout des élus unanimement opposés à la métropole dont la naissance est prévue en janvier 2016. «Avec la métropole, les communes vont devenir des mairies de secteur», a lancé Michel Amiel. Le président du conseil général espère réaliser un «résultat honorable» le 28 septembre. Certains lui prédisent deux, voire trois sièges au Sénat, sur les 8 que compte le département. «Quand je vois l’état du PS à Marseille… Bonjour tristesse!, a-t-il ajouté. Je doute que la liste PS ait un élu.» Avant de rappeler: «Samia Ghali, c’est moi qui l’aie faite. Et j’en suis fier.»