Gerhard Vosloo, le plus Français des Sud-Africains débarque à Toulon

RUGBY Le troisième-ligne sud-africain a rejoint Toulon cet été. Pour ce natif de Prétoria tombé amoureux de la France, c'est une nouvelle aventure dans le Top 14...

Propos recueillis par Camille Belsoeur

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Gerhard Volsoo lors du match Toulon-La Rochelle, le 23 août 2014.
Gerhard Volsoo lors du match Toulon-La Rochelle, le 23 août 2014. — AFP PHOTO / FRANCK PENNANT

Dans sa déjà longue carrière, à 35 ans, Gerhard Volsoo a évolué plus longtemps en France que dans le championnat sud-africain de son pays natal. Arrivé à Castres en 2006, il a ensuite évolué à Brive et Clermont, avant de rejoindre Toulon cet été, où Bernard Laporte le voulait pour renforcer sa troisième-ligne avec cette montagne de muscles. Car Gerhard Volsoo est l'un des joueurs les plus body-buildés du Top 14. Mais derrière ces gros biceps, se cache un homme que tous ses coéquipiers qualifient de «crème» dans le vestiaire varois. 

Gerhard, vous avez débuté votre deuxième match avec Toulon sur le terrain du Racing-Métro le weekend dernier (défaite 17-10). Quelles ont été vos sensations ?

C'était un match très physique, avec un vrai combat d'avant. Je vais regarder la vidéo du match, il y a pas mal de choses que je dois améliorer. Mais on est au début de saison, j'ai encore le temps de progresser. Et je dois travailler car il y a beaucoup de concurrence dans ce groupe (rire). 

Même à 35 ans comme vous, il y a encore des choses à améliorer dans son jeu ?

C'est nécessaire de progresser tout le temps. Jusqu'à la fin de ma carrière j'aurai des choses à améliorer dans mon jeu. Et puis j'arrive dans un nouveau club, donc je dois m'habituer aux schémas, à la façon de jouer.

Comment Bernard Laporte, l'entraîneur du RCT, vous a t-il convaincu de rejoindre le club ?

Il m'a demandé comment ça allait quand on s'est croisé dans la saison. Et après, il m'a demandé ce que je pouvais apporter à l'équipe si je venais. Cela s'est fait comme ça.

Est-ce facile de se faire une place dans cet effectif de Toulon, après le doublé historique (Top 14 et H-Cup) qu'a réalisé ce groupe la saison dernière ?

Au début je pensais que ça allait être difficile de se faire une place. Mais en fait, tout le monde m'a aidé à m'intégrer à mon arrivée. Les joueurs, l'entraîneur, le staff; j'ai reçu un accueil formidable. Il y a des joueurs qui ont tous gagnés ici, mais il y a beaucoup d'humilité dans ce vestiaire. Et puis c'est un honneur de travailler avec quelqu'un comme Jonny Wilkinson dans le staff. 

Vous avez joué à Clermont, un grand club, avant de rejoindre Toulon. Est-ce encore un échelon au-dessus ici ?

Pour l'organisation du club, des entraînements, ça ne change pas trop de Clermont ici. Dans le travail, c'est pareil. Après, Toulon c'est un très très grand club. Ils sont champions de France et champions d'Europe. On ne l'était pas à Clermont.

Vous évoluez depuis 8 saison en France, où vous avez joué bien plus qu'en Afrique du Sud. Vous souvenez-vous de vos débuts à Prétoria ?

En Afrique du Sud, tu joues au rugby dès que tu es tout petit. C'est le sport numéro 1, devant le football ou le cricket. J'ai commencé à apprendre le rugby à l'école, et puis tu regardes les matchs à la télé à la maison. Pour moi ça a commencé comme ça. Ensuite, j'ai joué dans mon premier club, les Pumas, près de Prétoria. J'ai eu la chance d'avoir un grand entraîneur et d'évoluer avec de bons joueurs. J'ai passé un an là-bas avant de rejoindre les Lions, un club de Johannesburg, qui évoluent en Super 15. Et après deux ans là-bas, j'ai atterri en France (sourire). 

Justement, comment s'est passée votre arrivée en France, à Castres, à l'époque ?

Quand je suis arrivé en France en 2006, il n'y avait pas beaucoup de Sud-Africains dans le Top 14. J'étais l'un des premiers à rejoindre le championnat. Au départ, c'était très difficile. On ne parle par le français en Afrique du Sud, pour nous c'est plus facile d'aller en Angleterre. Quand je suis arrivé à Castres, je savais seulement dire "bonjour" et "merci" (rire). Et puis, Castres c'est une toute petite ville. J'ai habité deux mois dans un hôtel, seul, avant que ma femme me rejoigne. 

Mais vous avez pris goût à la vie française... Pensez-vous rester ici en France à la fin de votre carrière ?

Je ne sais pas encore ce que je ferai (rire). Mais ma vie est ici maintenant. mes enfants vont à l'école et parlent le français avec leurs amis, en plus de l'anglais et l'afrikaans.