L'accueil risque le dépôt de bilan

Mickaël Penverne

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La surpopulation carcérale aux Baumettes atteint désormais 155 %.
La surpopulation carcérale aux Baumettes atteint désormais 155 %. — P. Magnien / 20 Minutes

Combien de temps les Baumettes vont-elles tenir ? La semaine dernière, les surveillants s'alarmaient du sous-effectif chronique et de la surpopulation carcérale qui atteint 155 %. Aujourd'hui, ce sont les avocats qui s'inquiètent face au risque de fermeture du centre d'accueil de la maison d'arrêt.

«Un lâchage en règle»


Depuis quinze ans, cette structure accompagne les familles de détenus dans leurs démarches auprès de l'administration pénitentiaire. Elle les aide à faire rentrer du linge, de l'argent, déposer une demande de parloir, etc. «C'est de l'humain, tout simplement, mais ce travail est essentiel», témoigne Claudine Dreuilhe, de l'Observatoire international des prisons (OIP). Jusqu'à présent, cette association était financée par l'Etat et les collectivités. Mais depuis deux ou trois ans, ces subventions se sont réduites drastiquement. Au point d'avoir complètement disparu pour certaines. «A ce jour, nous n'avons reçu aucune subvention de l'administration pénitentiaire, de la préfecture ou de la ville», indique Robert Bret, président du centre d'accueil (CAB). L'association, qui s'est déjà séparée d'un de ses salariés, se retrouve donc «au bord du dépôt de bilan». Une assemblée générale va être bientôt convoquée pour continuer ou pas l'activité. En attendant, des avocats ont décidé de se mobiliser comme Lionel Febbraro, qui a mis en ligne une pétition sur le site mesopinions.com. «C'est un lâchage en règle, fulmine-t-il. Si le CAB ferme, cela risque de provoquer des incidents aux portes de la maison d'arrêt, qui vont être aussitôt rapportés à l'intérieur. Tout ça ne va pas contribuer à la sérénité» aux Baumettes. Qui n'ont pas vraiment besoin de cela.

■ Manifestation devant la prison de Salon

Plusieurs surveillants ont bloqué mardi matin le centre de détention de Salon-de-Provence pour protester contre la multiplication des agressions. Selon les syndicats, il y en aurait eu quatre en deux mois. Ils réclament donc davantage de personnel, l'autorisation des fouilles corporelles et des «sanctions disciplinaires et pénales» contre les détenus qui agressent les surveillants. La prison de Salon accueille 644 détenus pour 650 places.