Le caïd menaçant prend deux ans

JUSTICE Déjà condamné à plusieurs reprises, Rexhep Topxhi, caïd présumé du milieu, a menacé de mort son avocat en janvier dernier

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Face au tribunal, l'accusé, un Albanais d'une quarantaine d'années, se montre d'abord doux comme un agneau : « Oui, j'ai bien proféré des menaces, mais jamais je ne les aurais mises à exécution, c'étaient des mots. » Les faits reprochés à Rexhep Topxhi, caïd présumé du milieu, n'ont pourtant rien à voir avec des paroles en l'air. Déjà condamné à plusieurs reprises pour détention d'armes et associations de malfaiteurs, il a en janvier dernier menacé de mort son avocat, Me Massimo Bianchi. Voulant récupérer la Mercedes de sa femme, placée sous scellés dans une autre affaire puis restituée par la justice, il ne comprenait pas pourquoi elle avait été vendue entre-temps. L'accusé a donc donné trente jours à son avocat pour lui verser l'équivalent du prix de la voiture, soit 60 000 €.Les écoutes téléphoniques témoignent de la violence des propos : « Au 31e jour, il ne sera plus là, je le jure devant Dieu. Même de prison, je vais lui faire arracher la tête. » Une balle a également été déposée sur le capot du véhicule de Me Bianchi sans que sa provenance ait pu être établie avec certitude. Ayant selon lui effectué un an de prison ferme en trop dans une autre procédure, Rexhep Topxhi, hors de lui, a reconnu s'être senti trahi par son avocat et ami, justifiant ainsi ces intimidations. Le tribunal l'a condamné à deux ans de prison ferme pour menaces de mort et tentative d'extorsion de fonds.

Sa. M.