Marseille: Du cannabis cultivé autrefois sur la Canebière

SOCIÉTÉ Selon une étude, la célèbre artère accueillait des pins d'Alep, des figuiers et des plants de chanvre...

Mickael Penverne

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Le quartier Belsunce dans le centre ville de Marseille près de la canebière qui a été recemment rénové et ou passe le tramway
Le quartier Belsunce dans le centre ville de Marseille près de la canebière qui a été recemment rénové et ou passe le tramway — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Du cannabis sur la Canebière. Selon une étude de Philippe Ponel, paléo-entomologiste à l’Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie marine et continentale (IMBE), la plus célèbre des artères marseillaises aurait accueilli des plants de cannabis entre le 14e et 17e siècle. Ou plutôt des plants de chanvre dont les fibres longues et solides servaient à fabriquer des cordages.

Pollens et coléoptères

Cette découverte est le résultat de longues et minutieuses années d’étude commencées dans les années 90. A l’époque, Philippe Ponel participe aux fouilles archéologiques qui accompagnent la construction du parking souterrain de la place Général-de-Gaulle, au croisement de la rue Paradis et de la Canebière. Ils recueillent des pollens fossiles mais aussi des milliers de débris d’insectes dans les sédiments. Au total, il répertorie plus de 300 espèces de coléoptères.

«Je me suis dit qu’on pouvait peut-être associer ces espèces à des paysages», explique-t-il. A l’époque médiévale et moderne, la ville était enserrée dans ses murailles, perchée sur la colline du Panier. Là où se trouve actuellement la Canebière, ce n’était, à l’époque, qu’un terrain vague où venaient pâturer quelques troupeaux et où était cultivé notamment du chanvre.

Un étang près de la mer

Avec les travaux de Philippe Ponel, on sait désormais que ces terrains accueillaient aussi du pin d’Alep et des vergers. Le scientifique est même capable de confirmer la présence de plusieurs figuiers. «Il y avait peut-être aussi une zone qui servait de marais salant avec un petit étang qui communiquait avec la mer», ajoute-t-il.

Cette reconstruction du paysage ancien du centre-ville marseillais est «sans équivalent en France et dans le bassin méditerranéen», assure le CNRS. L’étude a été publiée en ligne dans la revue Quaternary International.