Les contrôles en mer sont en vogue

SECURITE Pendant toute la saison estivale, les vedettes des autorités sillonnent les côtes méditerranéennes...

Amandine Rancoule
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Marseille le 16 JUILLET 2014, les gendarmes maritimes procèdent à des contrôles en mer autour du Frioul
Marseille le 16 JUILLET 2014, les gendarmes maritimes procèdent à des contrôles en mer autour du Frioul — Amandine Rancoule / 20 Minutes

André veut poser sa canne à pêche et dans l’empressement emmêle les fils. Conciliante, sa femme lui apporte son aide. «Vous avez vu, je viens d’en pêcher un petit», lance-t-elle à l’adresse des gendarmes maritimes venus contrôler papiers et équipements de sécurité du bateau.

Amarrée derrière les îles du Frioul, la vedette du couple est en règle. Ils peuvent continuer à chasser leur repas.«Vous devez marquer le poisson en lui coupant la nageoire caudale, rappelle le gendarme François Diodoro, de la brigade de surveillance du littoral (BSL). C’est pour éviter de retrouver des poissons pêchés sur les étals des poissonneries ou dans les restaurants.»

«J’ai souvent affaire avec de plaisanciers qui ne font pas attention»

Mais André est au courant. La mer, ça le connaît. «Je ne suis pas surpris d’être contrôlé, c’est normal de rappeler la réglementation, estime-t-il. Depuis 1994, date de mon permis, j’ai souvent affaire à des plaisanciers qui n’anticipent pas, qui ne font pas attention aux grosses vagues, qui vont aussi très vite ou qui ne regardent pas la météo».

Mardi matin, le corps d’une jeune fille de 22 ans, passagère d’un jet ski disparue au large de Porquerolles dimanche, a été retrouvé au sud du Cap Cépet. Selon les premiers éléments de l’enquête ouverte pour homicide involontaire et confiée à la brigade nautique de Lavandou, une grosse vague les aurait éjectés, elle et son compagnon, dans une mer agitée à cause de la météo difficile.

La vitesse est limitée dans la bande des 300 mètres

«Même si la mer est plate, la sécurité est primordiale, il faut regarder partout autour», souligne François Diodoro en repérant un bateau naviguant à vive allure à moins de 120 mètres du Frioul. Et dans les 300 mètres de mer bordant un littoral, la vitesse est limitée à 5 nœuds, soit environ 10 km/h. Ce bateau-là est à 20 nœuds dans une zone ou baigneurs et plongeurs ont leurs habitudes. La vedette de la gendarmerie le rattrape tant bien que mal, se porte à son niveau et actionne la sirène.

Le plaisancier est confus. «Je ne fais jamais très attention à la vitesse», avoue-t-il. Pour un excès de vitesse, l’amende peut aller de 38 à 3.750 euros, en fonction de la gravité de l’infraction. Le permis de conduire peut être également suspendu, voire annulé. C’est une des infractions les plus constatées. «Mardi, nous avons contrôlé deux scooters des mers qui faisaient la course aux Catalans, raconte le gendarme volontaire Elodie Lingot. C’est le poste de secours de la plage qui nous a alertés car en plus, ils étaient dans une zone réservée à la baignade.» En 2011, un baigneur avait trouvé la mort à Corbières (16e), percuté par un bateau.

Inspection du travail

La gendarmerie maritime, accompagnée d’un inspecteur du travail, a contrôlé mardi midi un voilier mouillé dans une calanque du Frioul. Le bateau, battant pavillon maltais mais avec un équipage français, a été loué par une société de production pour le tournage d’une comédie française avec Gérard Jugnot, Daniel Auteuil, Gad Elmaleh, François Berléand et Mélanie Doutey. «C’est un contrôle dans le cadre du MLC, un code du travail mondial pour les marins ratifié par 54 pays et destiné à éviter le dumping social», explique Jean-Pierre Verguet, contrôleur du travail de la section maritime et portuaire.