Le clan Hristov au tribunal

Mickaël Penverne

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Marseille, dans les Bouches-du-Rhône.
Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. — Capture d'écran Googlemap

Ils sont six à la barre, trois hommes et trois femmes. Ils sont accusés d'avoir forcé à la mendicité et à la prostitution sept de leurs compatriotes. Originaires de Bulgarie, les membres du clan Hristov ont été interpellés en juin 2013 dans un camp de Roms du 11e arrondissement après la plainte d'une jeune femme.

« Ils me battaient »


Pendant plus d'un an, Sevdalina Yankova, petite brune âgée de 25 ans, s'est prostituée pour eux tous les jours sur le boulevard de la Capelette (10e). «Je devais leur donner l'argent que je gagnais. Je ne gardais rien pour moi», explique-t-elle devant le tribunal correctionnel de Marseille. Elle raconte les menaces : «Espèce de gitane, on te cassera les jambes !» Et les violences : «Ils me battaient avec une barre en bois».

La famille Hristov est également accusée d'avoir forcé six hommes à mendier auprès des automobilistes. Ils étaient déposés aux feux tricolores du boulevard Rabateau (10e), à partir de 8 h. Le soir, ils remettaient l'argent qu'ils gagnaient à la femme du patriarche : entre 45 et 50 € chacun. Elle échangeait ensuite les pièces contre des billets au bar-tabac du coin. Les enquêteurs ont retrouvé plus de 11 000 € sur le compte postal de la famille. Sur les six victimes, seuls deux se sont présentées au tribunal. Le dos voûté, Kolio Kolev, 61 ans, a confirmé à la barre avoir été menacé et même frappé quand il ne ramenait pas assez d'argent. Il gagnait, en moyenne, 45 € par jour. Lui et ses compagnons d'infortune avaient droit à un café le matin, deux sandwiches le midi et un repas récupéré dans les poubelles des grandes surfaces le soir. Deux ans après les faits, Kolio Kolev continue de mendier. L'hiver, un ami l'héberge. L'été, il trouve refuge dans une voiture. Le procès doit reprendre ce jeudi.

■ Vingt-trois mesures

Najat Vallaud-Belkacem a présenté en mai un plan de lutte contre la traite d'êtres humains. Il prévoit vingt-trois mesures qui doivent permettre d'accompagner les victimes et de lutter plus efficacement contre les réseaux.