La croisière et le fret victimes de la grève à la SNCM

SOCIAL Les négociations se sont poursuivis mercredi à la préfecture...

Mickaël Penverne

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Illustration d'un ferry de la SNCM.
Illustration d'un ferry de la SNCM. — AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS

La tension monte dans les ports. Pendant que les négociations se poursuivent entre les syndicats et les actionnaires de la SNCM, les entreprises, qui travaillent entre la Corse et le continent, commencent à s’impatienter. À Bastia, plusieurs centaines de patrons se sont rassemblées devant la préfecture de Haute-Corse pour demander l’intervention de l’État. Quelques heures plus tard, Manuel Valls a annoncé qu’il recevra ce jeudi à Matignon les acteurs économiques de l’île avant d’ajouter que le gouvernement prendra « dans les heures qui viennent toutes les mesures nécessaires » pour débloquer « les navires ».

Débauche de moyens

À Marseille aussi, les nerfs sont mis à rude épreuve. Plusieurs organisations patronales sont déjà montées au créneau pour dénoncer un « conflit interne » qui met « en péril l’activité de tout un territoire ». Deux secteurs semblent particulièrement concernés. La croisière, d’abord. Depuis le début de la grève, le 24 juin, une vingtaine d’escales ont été annulées, représentant plus de 37 000 passagers, et une perte de 6,2 millions d’€, assure le patronat. Le fret, ensuite.

Les transporteurs locaux ont dû se rabattre sur d’autres ports pour embarquer. « Au lieu de partir de Marseille, on est obligé d’envoyer nos chauffeurs à Toulon, Nice et même à Savone, en Italie, explique Sébastien Martinez, Pdg de La Casincaise, une entreprise qui convoie jusqu’en Corse des matériaux de construction et des produits alimentaires. C’est une débauche de moyens énorme alors que dans le même temps, notre activité a baissé de 40 à 45 %. On arrive à la limite de ce qu’on peut faire ».