A l'école des intermittents

Mickaël Penverne

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La ville de Marseille (Bouches du Rhône).
La ville de Marseille (Bouches du Rhône). — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

 

Les intermittents ont leur future école. La première pierre de l'Institut méditerranéen des métiers du spectacle (IMMS) est posée ce jeudi. Le futur établissement ouvrira ses portes en septembre 2015 à la Friche de la Belle de Mai (3e). Il réunira des élèves de l'Ecole régionale d'acteurs de Cannes (Erac) et les apprentis de l'Institut supérieur des techniques du spectacle (ISTS) d'Avignon. C'est la première fois que seront formés, au même endroit, des comédiens et des techniciens.

 

 

Formation complète

 

 

«On pourra imbriquer les deux formations, artistique et technique, et créer des connexions entre les métiers», s'enthousiasme Didier Abadie, directeur de l'Erac. L'IMMS présentera, selon lui, un autre avantage. L'institut «renforcera les formations », assure-t-il. « En qualifiant les emplois, il permettra de lutter contre la précarité des intermittents. C'est une forme de réponse à leur demande de stabilité.» L'IMMS mettra le paquet en effet sur la formation qualifiante en offrant un équipement très complet (un atelier théâtre, un plateau numérique, un auditorium, etc.). Pour autant, sera-t-il le remède à la crise des intermittents ? Les intéressés en doutent. «C'est formidable de former les jeunes, mais encore faut-il leur trouver un emploi, réagit Catherine Lecoq, de la CGT Spectacle. On est train de former des gens à une profession qui est en voie de disparition.» Pour Elodie, une intermittente marseillaise, la formation ne peut plus se limiter aux aspects artistiques et techniques. «Ce qui est regrettable dans ces écoles, c'est qu'on a souvent peu de cours sur le droit du travail ou le montage d'un budget, explique-t-elle. Aujourd'hui, ces connaissances sont indispensables. Pour tirer son épingle du jeu et s'en sortir, il faut être complet.»

 

■ La facture

La construction et l'équipement de l'IMMS devrait coûter 8 millions d'euros, financés notamment par la région (3,1 millions) et la mairie (2,9 millions). Le bâtiment s'étendra sur 800 m2 répartis en cinq niveaux.