Le label de la «dernière chance» pour le savon

Mickaël Penverne

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2 500 tonnes sont produites par an.
2 500 tonnes sont produites par an. — P. Magnien / 20 Minutes

Les défenseurs du savon de Marseille restent sur leurs gardes. Satisfaits de l'adoption au Parlement de la loi Hamon, qui étend l'indication géographique protégée (IGP) aux produits manufacturés, ils jugent cependant le projet de décret d'application insuffisant.

La force du logo


Ce texte présente, selon eux, au moins deux faiblesses. D'abord, il ne prévoit pas d'organisme certificateur commun. «D'habitude, c'est l'Etat qui nomme un organisme indépendant, comme l'Afnor ou Veritas, pour contrôler, explique Guillaume Fievel de la Savonnerie du Midi. Or, avec ce texte, chaque entreprise devra trouver le sien. Cela n'a pas le même impact.» Deuxième problème : le texte ne reconnaît pas l'Union des professionnels du savon de Marseille (UPSM), qui rassemble les quatre dernières savonneries artisanales de la région, comme seul organisme de gestion du label. Si le texte reste en l'état, «tout le monde pourra prétendre» gérer l'GIP, anticipe Julie Bousquet-Fabre, présidente de l'UPSM. Les professionnels ont encore quelques semaines pour faire pression sur le gouvernement. Pour eux, cette IGP représente «la dernière chance» de sauver cette industrie. Mais s'ils attendent ce label avec impatience, ils savent aussi qu'il ne va pas faire disparaître tous les savons estampillés made in Marseille. «On ne pourra pas empêcher la vente de ces produits, reconnaît Julie Bousquet-Fabre. Mais le logo de l'IGP apportera une garantie aux consommateurs, et lui permettra de choisir.»

■ Un webdoc

Pour présenter le savon (son histoire, ses bienfaits, etc.) et soutenir son action pour obtenir l'IGP, l'UPSM vient de lancer un site internet: www.savondemarseille-lewebdoc.com.