Les Fralib peuvent démarrer leur coopérative

Amandine Rancoule

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Quelques-uns des 76 salariés de l'usine de thés et d'infusions Fralib de Gémenos ont laissé éclater leur joie, mardi.
Quelques-uns des 76 salariés de l'usine de thés et d'infusions Fralib de Gémenos ont laissé éclater leur joie, mardi. — A.-C. Poujoulat / AFP

Pour la photo de groupe, larmes et sourires s'entremêlent. Le poing levé, les 76 salariés de Fralib entament «L'Internationale» à côté des machines. Après trois ans et demi de lutte contre Unilever pour garder leur emploi à Gémenos, les ouvriers et la multinationale ont signé un accord de fin de conflit. Près de 20 millions d'euros sont ainsi cédés par le géant anglo-néerlandais pour le projet de coopérative des salariés, baptisé Scop-Ti. Cet accord, discuté depuis novembre, «met fin à l'ensemble des litiges et des procédures en cours entre les deux parties», souligne Unilever France dans un communiqué. Après des mois de silence, «Unilever a renoué le dialogue après la décision d'un juge condamnant le groupe à verser une astreinte de 3 000 à 10 000 € par jour s'il ne reprenait pas les discussions sur un quatrième PSE», raconte Olivier Leberquier, délégué CGT. Depuis septembre 2012, plusieurs salariés ont occupé l'usine et attaqué en justice les différents plans sociaux en obtenant leurs annulations. «Après tout ces combats, c'est une belle victoire et je me dis encore que je rêve, confie Raymonde, une salariée depuis vingt ans portant un tee-shirt blanc floqué»1 336 jours de lutte des Fralib. Scop-Ti c'est parti«. Je suis heureuse de pouvoir retravailler bientôt dans nos locaux.» D'ici une quinzaine de jours, les statuts de la coopérative seront définis. «On pense avoir une soixantaine de coopérateurs et pourquoi pas ensuite l'ouvrir à d'autres si elle prospère», précise Gérard Cazorla, le secrétaire du Comité d'entreprise, au milieu de son usine où le bruit des machines résonnera pour Noël.