Qui veut la tête de Robespierre  ?

Mickaël Penverne
— 
La place Robespierre est nommée ainsi depuis 1926.
La place Robespierre est nommée ainsi depuis 1926. — P. Magnien / 20 Minutes

Robespierre va-t-il céder la place aux époux Nazet ? Le 12 avril, des membres du CIQ de Mazargues (9e) demande à l'ancien maire de secteur, Guy Teissier, de rendre hommage à ce couple d'habitants du quartier, défenseur de la culture provençale, en leur donnant le nom d'une rue. Le député UMP propose alors de débaptiser la place Robespierre. Un projet scandaleux pour la gauche qui monte aussitôt au créneau.

« Pas un sujet tabou »


«C'est une marotte de Guy Teissier de vouloir débaptiser la place Robespierre. Il avait déjà essayé de le faire en 1999, rappelle Mikaël Balmont. C'est une proposition idéologique qui vise à salir l'image de Robespierre et de la Révolution .» Ce militant socialiste lance alors une pétition sur Internet. Puis, il contacte Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche, qui mobilise des historiens favorables au révolutionnaire. Le 21 mai, ces derniers publient une «tribune» dans l'Humanité pour «défendre la place Robespierre». Pas de quoi émouvoir le nouveau maire du 5e secteur, Lionel Royer-Perraut. «Cela fait partie de la vie publique de baptiser ou de débaptiser des rues, indique-t-il. En tout cas, rien n'empêche de se poser la question et ce n'est pas un sujet tabou.»

Il devra cependant convaincre le président de la commission du nom des rues, Jean-Luc Ricca. «A titre personnel, je pense qu'on ne peut pas gommer l'histoire : Robespierre est un personnage important de la Révolution, explique l'adjoint au maire. En tout cas, si je devais recevoir une demande officielle, je crois que je me rapprocherais de Jean-Claude Gaudin, qui est de Mazargues, et qui est aussi un ancien professeur d'histoire, pour lui demander conseil.»

■ Marion et René Nazet à la rue

Du côté du CIQ de Mazargues, on se sent un peu dépassé par la polémique. «On n'a rien à voir avec cette histoire, s'agace David Sciaki. Nous, on avait proposé une montée qui n'a pas de nom et qui va de la rue Jean-Giono à la place Saint-Roch». Finalement, Lionel Royer-Perraut se dit prêt à un compromis. Il propose de co-baptiser la place. «Elle pourrait s'appeler place des époux Nazet, anciennement place Robespierre», précise-t-il.