Marseille: Un maire veut débaptiser une place Robespierre

POLEMIQUE La gauche s'indigne contre cette proposition...

A Marseille, Mickaël Penverne

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Marseille, dans les Bouches-du-Rhône.
Marseille, dans les Bouches-du-Rhône. — Capture d'écran Googlemap

Robespierre va-t-il céder la place aux époux Nazet? Le 12 avril, des membres du CIQ de Mazargues (9e) demande à l’ancien maire de secteur, Guy Teissier, de rendre hommage à ce couple d’habitants du quartier, défenseur de la culture provençale, en leur donnant le nom d’une rue.

Le député UMP propose alors de débaptiser la place Robespierre. Scandaleux pour la gauche qui monte aussitôt au créneau.

«C'est une marotte de Teissier»

«C’est une marotte de Guy Teissier de vouloir débaptiser la place Robespierre. Il avait déjà essayé de le faire en 1999, rappelle Mikaël Balmont. C’est une proposition idéologique qui vise à salir l’image de Robespierre et de la Révolution.» Ce militant socialiste lance alors une pétition sur Internet. Puis, il contacte Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche, qui mobilise des historiens favorables au révolutionnaire.

Le 21 mai, ces derniers publient une tribune dans l’Humanité pour «défendre la place Robespierre». Pas de quoi émouvoir le nouveau maire du 5e secteur, Lionel Royer-Perraut. «Cela fait partie de la vie publique de baptiser ou de débaptiser des rues, indique-t-il. En tout cas, rien n’empêche de se poser la question et ce n’est pas un sujet tabou.»

Il devra cependant convaincre le président de la commission du nom des rues, Jean-Luc Ricca. «À titre personnel, je pense qu’on ne peut pas gommer l’histoire: Robespierre est un personnage important de la Révolution, explique l’adjoint au maire. En tout cas, si je devais recevoir une demande officielle, je crois que je me rapprocherais de Jean-Claude Gaudin, qui est de Mazargues et qui est aussi un ancien professeur d’histoire, pour lui demander conseil.»