Trop courtisée, Sugiton se refait une beauté

TOURISME La calanque de Sugiton est soumise comme ses voisines à l'érosion. Sauf que la surfréquentation du site accentue le phénomène.

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Un véritable gruyère à combler. La calanque de Sugiton, située dans le domaine de Luminy (9e), est soumise comme ses voisines à l'érosion naturelle. Sauf que la surfréquentation du site – c'est le seul massif ouvert toute l'année sans restriction horaire – accentue le phénomène. « Les promeneurs créent des chemins parallèles, ce qui génère des éboulis emportant la terre et des rochers, souligne Laure-Agnès Caradec, adjointe au maire déléguée aux Espaces verts. A force d'appauvrir ainsi les sols, les pins du massif pourraient tomber comme des châteaux de cartes. Il fallait donc agir. »

Pour cela, la mairie, propriétaire de la calanque, a lancé cette semaine des travaux de réhabilitation. L'objectif est de renforcer les zones érodées, condamner certains chemins sauvages, en officialiser d'autres en les améliorant et en les sécurisant, le tout assorti de panneaux expliquant la nécessité de respecter les sentiers balisés.

Originalité du projet, l'entreprise AEUC, chargée du chantier, a choisi d'utiliser un âne pour acheminer les matériaux sur les zones de travaux. Fernand, un baudet du Poitou, a commencé ce matin à charger des seaux de ciment pour les transporter sur les sentiers inaccessibles aux véhicules. « Jusqu'à présent, on avait un âne de Provence, mais il était trop buté, on n'arrivait à rien », plaisante Johan Caillet, d'AEUC. Le contrat de Fernand, apparemment plus docile, se prolongera sans doute jusqu'à la fin des travaux, qui devraient durer dix semaines.

Stéphanie Harounyan

Chaque année, 1,3 million de personnes visitent les calanques de Marseille, dont 300 000 pour la seule calanque de Sugiton. La réhabilitation de la calanque devrait coûter 170 000 euros.