Des herbes d'une autre provenance

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Les herbes de Provence de marques françaises proviennent à 96 % de partout, sauf de Provence. Les producteurs locaux, regroupés à Trets dans la coopérative Copamivar, l'ont rappelé la semaine dernière, lors d'un salon professionnel international à Lyon. Avec l'essor du marché dans les années 1960, les gros négociants français se sont mis à importer des herbes d'Espagne, du Maghreb ou d'Europe de l'Est. « Sous l'étiquette “Herbes de Provence”, on lit surtout “produit d'importation” », explique Nathalie Vucher, directrice de Provence Tradition, qui commercialise les herbes de Copamivar. C'est pourquoi, après un label rouge en 2003, la coopérative vise l'indication géographique protégée, pour disposer d'une appellation exclusive. Mais si les Français parfument leurs plats aux herbes polonaises, où finissent celles de Provence ? « Dans les assiettes suédoises, répond André Doudon, président de Copamivar. Nous exportons 80 % de notre production vers de très bons clients du Nord. »

Il reste à conquérir la France. Copamivar, qui regroupe une cinquantaine d'exploitations, assure avoir de la marge pour quadrupler sa production à destination du marché français. « En fait, nos gammes sont une nouveauté car peu d'aromates provenço-provençaux sont vendus en grande et moyenne surfaces », note Nathalie Vucher. La récolte du thym débute en février. Elle n'empêchera pas les producteurs de poursuivre leur action au salon de l'agriculture, cette fois directement auprès des consommateurs.

Andréa Haug

La coopérative Copamivar produit chaque année environ 60 tonnes de plantes en feuille, à partir de 200 hectares répartis sur quatre départements (Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Var et Alpes-de-Haute-Provence).