Une requête sur les rues aux noms d'armateurs négriers

Amandine Rancoule

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La rue Colbert.
La rue Colbert. — P.Magnien / 20 Minutes

Il n'a toujours pas eu de réponse de la ville mais le comprend, car « [sa] requête n'est pas prioritaire». Karfa Diallo, le président bordelais de la Fondation du Mémorial de la traite des Noirs demande de rebaptiser six rues à Marseille, affichant des noms «d'armateurs négriers».

Panneaux biographiques


La rue Roux-de-Corse, l'avenue Solier, la rue Etienne-Marchard, l'allée de la Maurelette et l'avenue de la Serane sont concernées. Toutes portent le nom d'armateurs marseillais. «Pour la rue Colbert, c'est différent, explique Karfa Diallo. Colbert a rédigé le code noir», soit les textes juridiques régissant le quotidien des esclaves dans les îles françaises. «Pendant la campagne des municipales, nous avons eu un entretien assez bref avec Jean-Claude Gaudin qui, d'ailleurs, comme Patrick Mennucci et Pape Diouf, n'était pas au courant de ces noms de rues.» Pour accomplir le devoir de mémoire et simplifier les démarches administratives, la fondation propose une alternative : l'installation de panneaux biographique en dessous des noms de rue. La ville n'a pas encore répondu à cette requête. «Les armateurs marseillais ont armé 116 navires pour la traite des Noirs sur les côtes de Guinée, d'Angola et d'Afrique orientale, soit 30 000 esclaves déportés», souligne la Fondation. Elle propose des actions avec le comité Paca pour la mémoire de l'esclavage, comme la mise ne place de salles muséales réservées à la mémoire de l'esclavage. «Chaque ville a le devoir de transmission», estime Karfa Diallo.

■ Législation

Des propositions sur la dénomination d'une rue sont soumises au maire qui choisit de les inscrire à l'ordre du jour du conseil municipal. Un vote est alors organisé.