Troisième tuyau pour Fos-Manosque

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Montées sur chenilles, alignées le long de la tranchée, les trois enfouisseuses soulèvent le tube en métal. Elles l'arquent pour qu'il épouse la pente de la colline, puis le déposent lentement au fond de la tranchée. Dans les collines, près de Lançon-de-Provence, le chantier du pipeline Fos-Manosque avance tranquillement. Lancés en septembre 2006, les travaux doivent permettre de relier sur 130 km les terminaux pétroliers de Fos aux réserves d'hydrocarbures enterrées à Manosque. Stockées dans des « cavités salines », de 500 à 1 000 mètres de profondeur, ces « réserves stratégiques civiles » sont destinées à alimenter raffineries et industrie en cas de crise internationale. « Nous disposons à Manosque de 6 millions de mètres cubes, en pétrole brut et en produits raffinés », explique Jean Thomas, chef de projet à la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité (Sagess).

Un double pipeline relie déjà Fos à Manosque. « Mais le gouvernement veut que la réserve puisse être déstockée en six mois, souligne Didier Gaffet, président de la Sagess. Nous avons besoin d'une nouvelle ligne pour atteindre un débit de 2 000 m3 par heure. » Le nouveau pipeline doit passer sous la Durance et le canal de Provence, traverser vingt-cinq communes, trois terroirs AOC et une réserve classée Natura 2 000. La Sagess assure avoir pris « toutes les dispositions » pour protéger faune et flore, et permettre aux agriculteurs de replanter au-dessus du pipeline après la fin des travaux. Le nouveau tuyau devrait être mis en service en août prochain.

F. Legrand

Déclaré « d'utilité publique », le chantier du nouveau pipeline devrait coûter 115 millions d'euros, dont près de 5 millions pour indemniser les propriétaires des terrains sur lesquels passe le tuyau.