Les voleurs jouent des cuivres à l'hôpital

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L'hôpital de la Timone (5e) a été privé d'électricité pendant quelques secondes jeudi après qu'un câble à haute tension a été entaillé, probablement à la scie à métaux, a indiqué hier l'assistance publique des hôpitaux de Marseille (APHM). Blocs opératoires et salles de réanimation se sont retrouvés privés de courant, mais les groupes électrogènes de secours ont rapidement pris le relais. La piste d'un vol de cuivre est privilégiée. Mardi, un autre câble électrique long d'une dizaine de mètres a été sectionné et dérobé à la Timone. A chaque fois, les câbles étaient sous tension et auraient pu électrocuter les voleurs.

L'APHM a porté plainte hier au parquet de Marseille. Selon Jacques Berrin, commissaire divisionnaire à la préfecture de police, cette affaire est « la plus grave survenue dans le département en matière de vols de métaux ». En novembre, des voleurs avaient sectionné 600 mètres de câble téléphoniques enfouis à 2 mètres sous terre, à Fos-sur-Mer, privant de téléphone 150 abonnés. « Cela aurait pu poser des problèmes de sécurité si l'un d'eux avait dû appeler des secours », note Sylvie Canavas, vice-procureur d'Aix. « Il y a une professionnalisation des voleurs de métaux, diagnostique Jacques Beaume, procureur de Marseille. Plusieurs équipes ciblent de grosses quantités, avec de l'équipement adapté pour découper des lingots ou arracher des câbles. » La justice compte s'intéresser aussi aux circuits de recel : « Le cuivre volé, il faut le fondre, le revendre, souligne Jacques Beaume. Nous allons travailler là-dessus. »

F. L.

En 2006, la police a élucidé à Marseille 51 affaires de vols de métaux, selon Pierre Carton, directeur départemental de la sécurité publique. Presque toutes ont fait l'objet d'arrestations en flagrant délit.