Dernier coup de pinceau pour les faiseurs de rois

Amandine Rancoule

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Cette année, les quartiers Nord choisissent à la lorgnette et présentent un roi : le monde à l'envers.
Cette année, les quartiers Nord choisissent à la lorgnette et présentent un roi : le monde à l'envers. — P.Magnien / 20 Minutes

Sous le préau trône une tête de roi en carton posée à l'envers. Plus loin sont alignées des bombes aérosols de plusieurs couleurs et des pots de peinture sont ouverts. Rouge pour les trois nez du roi, vert, bleu et marron pour ses paires d'yeux. A deux jours du carnaval, patients et soignants de l'hôpital Edouard-Toulouse s'affairent à la finalisation des chars. «Nous allons chercher un roi dans la foule et le présenter à Marseille», explique André Peri, infirmier en psychiatrie et président du collectif Charivari qui organise les festivités chaque année depuis dix ans. Derrière lui, Richard peint en noir le fond d'une boussole dont le Nord est absent, comme perdu. «On a découpé le carton, collé le papier kraft et ensuite on devra peindre les lettres. Le défilé de samedi auquel on participe pour diriger les chars est l'aboutissement de plusieurs mois de travail», estime-t-il, un pot de fromage blanc rempli de peinture à la main. «On est tous dans des périodes difficiles de nos vies alors là, on pense à autre chose pendant trois ou quatre mois et on est motivé par le groupe, raconte Patrick. Et puis cette année, on a eu de l'aide des Baumettes.» Pour la première fois, les patients du service médico-psychologique régional (SMPR) de la prison des Baumettes (8e) ont participé en créant des colonnes en carton. Cette année, ils ne défileront pas mais le projet pourrait s'étoffer plus tard. «C'est l'opportunité de fabriquer quelque chose qui va sortir de la détention, souligne Rémy Barthélémy, cadre de santé au SMPR. C'est très important pour les patients de montrer à l'extérieur ce qu'ils ont fait.»