Avis de tempête sur Marseille

Camille Belsoeur

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José Anigo et ses joueurs à l'entraînement à la Commanderie le 20 mars.
José Anigo et ses joueurs à l'entraînement à la Commanderie le 20 mars. — P.Magnien/20 Minutes

Lors de la réception d'Ajaccio vendredi en Ligue 1 (3-1), la grogne des supporters a atteint «un point de non-retour», pour reprendre les mots du milieu olympien Alaixys Romao. Pas de voitures brûlées devant la Commanderie, comme aux heures les plus brûlantes du début des années 2000, mais une démonstration aiguë de colère. Lors de la victoire face aux Corses, bons derniers du championnat, les 15 000 spectateurs ont sifflé tout au long de la rencontre les joueurs marseillais, et des enregistrements de cris de chèvres ont été diffusés en boucle dans le virage nord. Pour Christophe Bouchet, ex-président de l'OM (2003-2005), «c'est comparable dans son expression et sur une question de fond avec la situation de novembre 2004.» À l'époque, le départ de Drogba et l'épopée en coupe d'Europe (finale perdue face à Valence en coupe UEFA) sont mal digérés par un OM embourbé dans les bas-fonds du championnat à la fin de l'automne. Sous la pression des supporters, le président Bouchet doit plier bagages. «Comme aujourd'huis les fans pensaient en début de saison que l'OM jouerait les premiers rôles. Mais à l'époque la crise avait eu lieu en novembre. Là, on est en avril, poursuit l'ex-président. C'est peut-être dû à une meilleure communication du club, qui a agi comme un pansement.»

La théorie du complot


L'état-major olympien actuel est en tout cas sous forte pression. Vendredi en conférence d'après-match, le coach olympien José Anigo évoquait à demi-mots un complot contre sa personne. «Ce que je subis aujourd'huis c'est le résultat de deux ans de matraquage. Je me fous complètement de qui peut l'organiser, mais j'en prends acte.» Pris à parti par les fans, le président Labrune est lui aussi dans le viseur. «Cette agitation permanente autour du président à Marseille en cas de mauvais résultats est négative pour l'OM», estime Christophe Bouchet. Mais pas sûr que les clubs de supporters entendent ce discours de la même oreille. La patience n'existe pas à Marseille.

■ Kisaku convoité

Un jeune espoir de l'OM a tapé dans l'œil de Dortmund. Déjà convoité par la Sampdoria de Gênes, Antoine Kisaku (19 ans), et ses représentants, auraient rendez-vous en Allemagne cette semaine.