Des rues toujours inaccessibles

Amandine Rancoule

— 

Une trentaine de personnes ont manifesté lundi matin devant la préfecture.
Une trentaine de personnes ont manifesté lundi matin devant la préfecture. — P.Magnien / 20 Minutes

«Une simple balade peut devenir un cauchemar», «Nous ne demandons pas la lune». Des pancartes sont accrochées aux fauteuils roulants et aux déambulateurs. Une dizaine de personnes handicapées moteurs ont manifesté à l'initiative de l'Association départementale des paralysés de France (APF13) lundi matin devant la préfecture de région. Elles dénoncent «l'immobilisme» des pouvoirs publics sur l'accessibilité des lieux publics.

«Prise de conscience»


«Nous avons l'impression d'être des citoyens de seconde zone, estime Philippe Benaïs, qui se déplace en déambulateur. Les transports en commun ne sont pas adaptés, les trottoirs non plus, les voitures y sont garées et nous sommes obligés d'aller sur la route, etc.» Seules deux lignes de bus sur les 77 lignes du réseau et le tramway sont accessibles. «Il faut vivre l'univers du handicap pour le comprendre, il y a un gros problème de prise de conscience du politique», ajoute Philippe Benaïs.

L'année dernière, dans le baromètre 2013 sur l'accessibilité publiée par l'APF, Marseille a atteint une moyenne de 10, 7 sur 20, contre 8, 2 en 2012. Si la ville fait des efforts, elle les fait lentement. Car dans le même temps, elle passe de la 70e à la 83e place. «Nous habitons un quartier agréable, les Catalans (7e), mais pour venir en ville, nous sommes obligés de prendre la voiture ou un taxi, raconte une manifestante dont la fille est en fauteuil. Il y a eu des travaux dans le quartier : les trottoirs ont été rehaussés et les abaissements sont de moins en moins nombreux.» Une pétition pour davantage d'accessibilité est en ligne*. Près de 6 000 signatures ont déjà été recueillies.

■ Des délais supplémentaires

Un projet de loi habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnance pour modifier la loi de 2005 doit être présenté prochainement en Conseil des ministres. Cette loi avait fixé à 2015, soit dans un an, l'objectif d'accessibilité. Il s'agirait de donner aux acteurs publics et privés qui ne pourront pas se mettre en conformité avec les règles d'accessibilité d'ici à 2015, trois à neuf ans supplémentaires pour le faire.