Les salariés occupent l'usine Diebold

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Une vingtaine de salariés occupent depuis hier matin l'usine Diebold de Cassis, dont la production doit être délocalisée. « La direction a envoyé les lettres de licenciement alors que nous n'avons encore aucune garantie sur le reclassement du personnel », s'indigne Frédéric Clarion, délégué CGT. L'usine, qui fabriquait des automates bancaires, emploie 130 personnes. En avril, le groupe a annoncé qu'il délocalisait la production en Hongrie, alors que l'usine cassidaine avait déjà subi un premier plan social avec 97 suppressions de postes en 2004.

Un cabinet mandaté par Diebold a obtenu en novembre que l'entreprise de moteurs Baudouin, implantée à Marseille, vienne s'installer sur le site et reprenne 40 employés. « Les embauches à Baudouin vont être échelonnées jusqu'en 2009, proteste Frédéric Clarion. Il n'y a encore aucun mécanisme pour garantir ces embauches. Et d'ici à 2009, que font les salariés ? Ils risquent de basculer dans le RMI. » « Il n'y aura pas de pertes de salaire pendant vingt-quatre mois, assure Francis Guignant, DRH du groupe Diebold. Notre plan de reclassement prévoit l'accompagnement des salariés jusqu'à ce qu'ils aient un contrat de travail pérenne. » Hier, les salariés réclamaient une rencontre avec la direction du groupe. « Nous continuerons l'occupation tant que nous n'aurons pas de réponse », avertit Frédéric Clarion. La direction de Diebold a fait constater l'occupation par huissier et compte demander en référé l'évacuation des lieux.

Frédéric Legrand

La direction de Diebold justifie la délocalisation de son usine en Hongrie par « les coûts de production en France » et la nécessité « d'être plus proche des fournisseurs ».