Les quartiers ne sont plus à la fête

Amandine Rancoule

— 

Des participants au festival de l'Estaque déguisés en pirates (archives).
Des participants au festival de l'Estaque déguisés en pirates (archives). — Les Têtes de l'Art

Le collectif des fêtes de quartier a présenté jeudi sa charte pour tenter de sauver ces événements populaires. Les organisateurs des plus grandes fêtes marseillaises ont interpellé les candidats aux élections municipales sur la nécessité de développer les moyens. «A l'heure qu'il est, personne ne sait si on va pouvoir faire nos fêtes, estime Mohammed Adi, le fondateur de la compagnie du pied nu et l'initiateur des Belsunciades, la fête de Belsunce (1er). Les enfants des écoles et les habitants travaillent sur une fête que l'on n'est pas certain d'organiser par manque de budget.»

«Au pied du mur»


L'année capitale européenne de la culture a pour ainsi dire mis le feu aux poudres. D'abord consultées, les associations organisatrices de festivités ont ensuite été mises de côté. «Nos fêtes ont alimenté l'année capitale et nous n'avons pas pu faire partie de Marseille-Provence 2013», regrette Marianne Doullay, de l'association Cours Julien, organisatrice de la Fête du plateau. «Et puis nous sommes réellement au pied du mur, nous craignons vraiment que ces fêtes disparaissent», souligne Sam Khebizi, président de l'association les Têtes de l'Art et coordinateur de la Belle fête de Mai.

Pour lui, ces fêtes sont un vrai moyen de tisser du lien social et de donner la possibilité aux populations de s'exprimer. Repoussée à 2015, la fête du Panier se cherche ainsi une nouvelle jeunesse en collaboration avec différentes associations de quartier. «Ceux qui entendent substituer à la va-vite un projet à ce rendez-vous historique font peu de cas du travail de concertation avec les associations et les habitants», estime Maurice Vinçon, le directeur du théâtre de Lenche.