Le lac souillé de la Nerthe

Mickaël Penverne

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Lafarge bénéficie d'une autorisation pour exploiter les lieux depuis 2011
Lafarge bénéficie d'une autorisation pour exploiter les lieux depuis 2011 — Christian Apercé

Ils ne veulent pas que «leur» lac devienne une poubelle. Les riverains du lac de la Nerthe (16e) ont découvert il y a quelques jours de nombreux déchets à la surface : gaines électriques, planches de bois, morceaux de polyester, bouts de caoutchouc, etc. Le coupable : l'entreprise Lafarge qui est autorisée depuis 2011 à remblayer le lac artificiel avec des déchets «inertes», c'est-à-dire des gravats de chantier. «Ils sont censés vérifier par un contrôle visuel qu'il n'y a rien d'autre dans les bennes, explique Marie-Blanche Apercé, présidente du CIQ des Hauts de l'Estaque. Or, dans la pratique, c'est matériellement impossible.»

Barrage flottant


De son côté, l'entreprise minimise la pollution. «On retrouve toujours dans les chantiers de terrassement et de voiries des plastiques de canalisation, des bouts de bois ou du caoutchouc, explique Sébastien Haug, responsable environnement à Lafarge. Mais ce sont des faibles quantités qui remontent à la surface à cause des récentes pluies». L'entreprise a cependant mis en place un barrage flottant pour retenir les déchets. Elle promet aussi de nettoyer plus souvent le lac et de contrôler la qualité de son eau «pour rassurer les gens».

■ Pas de pollution

Selon la préfecture, «cette pollution, essentiellement visuelle, semble sans danger immédiat pour l'environnement». Le préfet, Michel Cadot, a toutefois demandé une inspection de contrôle.