Pape Diouf, l'homme de toutes les convoitises

Amandine Rancoule

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Pape Diouf estimait l'année dernière que Marseille était " une ville délaissée ".
Pape Diouf estimait l'année dernière que Marseille était " une ville délaissée ". — D. Bauweraerts / Isopix / Sipa

Il est l'objet de multiples sollicitations de la part des partis et mouvements de gauche. A un peu plus de deux mois des élections municipales, tous les regards se tournent vers Pape Diouf, ancien journaliste et surtout ex-directeur de l'OM pendant cinq ans, statut qui le fait jouir d'une incroyable popularité à Marseille. Soutien de François Hollande pendant la campagne présidentielle, il est approché par les socialistes, le Front de gauche, le collectif Le Sursaut ou encore le MoDem. Les leaders politiques lui réservent des places de choix sur leurs listes, ou carrément la tête de liste. Mais tous attendent. Car, lui, «écoute» et «réfléchit». Il se réserve le temps de la réflexion et devrait vraisemblablement choisir un camp, ou pas, avant la fin du mois. «L'engouement autour de Pape Diouf est palpable, note un observateur de la vie politique phocéenne. C'est devenu un des hommes les plus puissants de la ville en se faisant tout seul : il a débarqué du Sénégal quand il avait 18 ans». «Il fait figure de rassembleur, de réconciliateur et de sage, estime Sébastien Barles, conseiller municipal écologiste, membre du Sursaut, un des premiers à l'avoir approché. Il peut réellement répondre à la crise démocratique de la ville et mettre fin à son immobilisme». Pour le MoDem aussi, Pape Diouf serait une «respiration». «Vu le discrédit de l'opinion publique sur la politique, l'apport d'une personnalité de la société civile pourrait redonner l'envie aux Marseillais d'aller voter», pense Jean-Luc Bennhamias, le leader du MoDem. Son engagement pourrait en tout cas marquer un tournant dans la campagne municipale.