Samia Ghali: «Je n’ai rien à demander à Jean-Marc Ayrault»

Vincent Vantighem

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Marseille le 14 octobre 2013 - Samia GHALI est arrivée en tête du premier tour des primaires socialistes . Elle répond à la presse depuis sa mairie du 15 et 16 e arrts
Marseille le 14 octobre 2013 - Samia GHALI est arrivée en tête du premier tour des primaires socialistes . Elle répond à la presse depuis sa mairie du 15 et 16 e arrts — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Elle a fait siffler et huer le nom de Jean-Marc Ayrault le soir de sa défaite aux primaires socialistes. Samia Ghali s’attend «en toute logique» à ce que le Premier ministre lui en reparle. Ce mardi à 18h, elle est attendue à Matignon pour «travailler pour Marseille». Mais à la veille de ce rendez-vous, elle prévient déjà: «Je ne suis pas prête à retirer ce que j’ai dit durant la campagne.»

Pourquoi rencontrez-vous Jean-Marc Ayrault ce mardi?

L’idée, c’est de travailler pour Marseille. De faire avancer cette ville. D’effacer le retard qu’elle a pris depuis trente ans et de faire disparaître la fracture entre le nord et la ville.

Le rendez-vous a été pris après les primaires à Marseille où vous avez été battue par Patrick Mennucci. N’avez-vous vraiment rien à demander?

Non, je n’ai rien à demander à Jean-Marc Ayrault. J’ai dit ce que je pensais pendant la campagne et le soir des résultats. Je ne suis pas du genre à tenir plusieurs discours. J’ai dit que je ne voulais pas devenir première adjointe de Patrick Mennucci. Je ne reviendrai pas en arrière.

Même si Jean-Marc Ayrault vous le demande afin de permettre à la gauche de l’emporter aux municipales?

Je me sens très libre. Tout le monde connaît les conditions que j’ai posées après ma défaite. Je veux conserver ma mairie de secteur, avoir un droit de regard sur les têtes de liste dans les arrondissements et surtout aider Marseille à s’en sortir. Pour moi, de toute façon, la discussion avec Patrick Mennucci ne dépend pas du Premier ministre.

Pendant la campagne, vous avez tout de même expliqué que Mennucci était le candidat de Paris. Quant à Jean-Marc Ayrault, il a été sifflé par vos supporters le soir des résultats…

Peut-être parlera-t-on de tout ça. S’il m’en parle, s’il me reproche quelque chose, j’aurais aussi des choses à dire. Je pense qu’il ne faut pas regarder dans le rétroviseur. Il faut avancer. Et si le Premier ministre me demande de faire un ticket avec Mennucci, la réponse sera non. Je ne suis pas prête à retirer ce que j’ai dit durant la campagne.

Avant les primaires, vous aviez demandé au gouvernement d’envoyer l’armée à Marseille. En reparlerez-vous?

Je vais à ce rendez-vous avec des dossiers précis. Sur la question de la sécurité, on en parlera peut-être. A Paris, il y a l’armée partout. Pas à Marseille. Je peux vous dire que je suis au contact des Marseillais. Et notamment des mamans. Et elles préfèrent voir un uniforme dans la rue qu’un de leurs enfants dans un cercueil…