Ils pique-niquent pour une place en crèche

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Château gonflable, ballons, jus de fruits et petits gâteaux : une demi-douzaine de parents et leurs enfants ont pique-niqué hier devant la mairie de Marseille pour protester contre le refus de la ville d'accueillir dans ses crèches les petits souffrant d'allergies. En octobre, la Haute autorité de lutte contre les discriminations (Halde) avait estimé que cette pratique constituait une « discrimination en raison de la santé ». La Halde avait « recommandé » à la ville de modifier le règlement de ses crèches. « Depuis, nous n'avons pas de réponse de la mairie centrale », regrette Séverine Robilard, présidente de l'association Afibiaac*, qui regroupe une quinzaine de familles d'enfants allergiques.

« Il faut qu'on trouve une solution à ce problème, acquiesce Denise Triscari, adjointe (PS) à la Petite enfance à la mairie des 13e-14e. Rien que sur notre secteur, on voit arriver plus de mille nouvelles familles chaque année. Et il y a de plus en plus d'enfants allergiques. » La mairie centrale s'appuie sur le même argument : « Les petites communes peuvent accepter un ou deux enfants allergiques en crèche, estime Marie-Louise Lota, adjointe (UMP) à la Petite enfance. Mais à l'échelle de Marseille, cela nous ferait prendre des risques énormes. A cet âge-là, on ne peut pas être sûr que l'enfant ne va pas prendre de la nourriture dans l'assiette de son voisin. » Estimant que la Halde a seulement « suggéré » de modifier le règlement des crèches, la mairie compte lui répondre « par l'intermédiaire de son avocat » avant le mois de janvier.

Frédéric Legrand

* Contact : 06 32 88 83 56.

A Montpellier, Lyon, Paris, Bordeaux, Annecy, Gap, Cannes, Ajaccio, entre autres, les enfants allergiques sont acceptés dans les crèches après la mise au point d'un protocole entre les parents et le médecin de l'établissement.