Querelle de chapelle pour la mairie d'Istres

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Et le prochain maire est de gauche... ou de gauche. Les habitants d'Istres, la troisième ville du département, et bastion du Parti socialiste, sont appelés aux urnes dimanche pour une municipale partielle, après la démission du maire (PS) Michel Caillat. Au coeur du débat : la volonté de François Bernardini, maire (PS) d'Istres jusqu'en 2002, de revenir aux affaires. Condamné à cinq ans d'inéligibilité pour abus de confiance, Bernardini avait dû abandonner la mairie, la confiant à Michel Caillat.

Au début du mois de novembre, plusieurs élus municipaux de gauche ont demandé au maire s'il comptait « respecter les engagements pris en 2002 » et s'effacer au profit de Bernardini aux prochaines municipales de 2008. Michel Caillat a choisi de démissionner et de se représenter aux élections partielles : « Soit je suis une marionnette de Bernardini, soit je fais ce qui est logique quand on conteste ma légitimité », explique l'élu. Avantage de la manoeuvre, Caillat coupe ainsi l'herbe sous le pied de Bernardini, qui a gardé d'importants réseaux dans la ville mais est inéligible jusqu'en 2007.

Pour cette municipale partielle, Michel Caillat se retrouve donc confronté à une liste menée par son ancienne adjointe, Nicole Joulia. « Nous ne demandions pas la démission de Caillat, assure-t-elle. Nous militons seulement pour le retour de Bernardini, qui est un homme politique d'envergure. » Les instances du PS ont pris fait et cause pour Caillat, excluant les dissidents du parti. François Hollande, premier secrétaire du PS, devrait même faire le déplacement à Istres jeudi pour soutenir Michel Caillat. La droite, elle, regarde le tout d'un air amusé : « Il y a beaucoup d'Istréens dégoûtés par ces luttes de pouvoir, assure Alain Aragneau, tête de liste UMP. On peut être un recours. Les gens auraient quinze mois pour nous tester. » Quel que soit le résultat des urnes, Istres devra en effet élire un nouveau maire en mars 2008, comme toutes les autres communes de France.

Frédéric Legrand