Polémique autour d'une vente de photographies

Amandine Rancoule
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Jeudi à la maison de ventes Leclere.
Jeudi à la maison de ventes Leclere. — P.Magnien / 20 Minutes


Trois cents photographies de Marseille et la Provence, prises entre 1 850 et nos jours, vont être vendues aux enchères samedi à la maison Leclere. Mais cette vente fait polémique. En cause : 90 clichés réalisés cinq photographes. Ces clichés ont en effet été commandés en 2005 par l'Agence pour le développement et la valorisation du patrimoine, pour un montant de 150 000 € subventionnés par la région et l'Etat.



«Créer un précédent»



«L'agence achète des photographies avec de l'argent public et les revend dix ans plus tard en faisant une plus-value, explique le Marseillais Pierre Ciot, président de la Société d'auteur de l'image fixe (Saif). Si elles sont vendues, cela va créer un précédent.» «Nous ne sommes pas d'accord pour que ces photos soient séparées, raconte au nom des cinq auteurs des images, Bernard Plossu. C'est une œuvre collective. Si la vente a lieu, ça risque de très mal tourner.» 

Jeudi, l'Agence pour le développement et la valorisation du patrimoine était injoignable. «Nous leur avons écrit pour leur demander d'arrêter cette vente, raconte Pierre Ciot. Mais l'agence dit qu'elle est propriétaire des photos. Pour elle, elle en dispose donc.» «Je ne comprends pas bien la polémique, estime de son côté le commissaire-priseur, Damien Leclere. Le contrat est clair : l'agence dispose de ces photos comme elle l'entend.» Pour l'heure, la vente n'a pas été annulée. La Saif espère en dernier recours un décret d'interdiction pris par la préfecture de région.

■ De 200 à 20 000 €

Les clichés sont exposés à Leclere vendredi de 10 h à 19 h et samedi de 10 h à 12 h. La vente, dont  les mises à prix vont de 200  à 20 000 €, a lieu samedi à 14 h 30.  Au 5, rue Vincent-Courdouan (6e).