Un test grandeur nature avant les vrais convois

Amandine Rancoule

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A chaque extrémité sont fixés une cabine de pilotage 
et un moteur pour faciliter les manœuvres de l'engin.
A chaque extrémité sont fixés une cabine de pilotage et un moteur pour faciliter les manœuvres de l'engin. — P.%Magnien / 20 Minutes

Au bord de la route, des curieux s'arrêtent et prennent des photos. «Depuis le temps qu'on en parle, on s'est dit qu'il fallait venir le voir», s'exclame un Mérindolais devant le géant bleu. Depuis lundi et jusqu'à vendredi, un convoi exceptionnel d'Iter de 10 m de haut, 30 m de long et possédant 352 pneus, teste à 5 km/h le parcours entre Berre l'Etang et Cadarache. Sur l'itinéraire de 104 km, 26 ponts ont été construits, 35 km de routes ont été élargis et 19 ronds-points réaménagés pour un total de 112 millions d'euros. Cette remorque de 275 tonnes sur lequel 600 tonnes de béton sont empilées préfigure les plus lourds et les plus volumineux convois d'Iter. Car dans un an et jusqu'en 2019, 230 camions du genre vont acheminer des composants de haute technologie destinés au chantier du projet de recherche nucléaire. «Pendant quatre nuits, nous mesurons et filmons le degré de fléchissement des ponts quand la remorque passe dessus, explique Sylvie André-Mitsialis, d'Iter France. Ensuite, nous les comparons avec les calculs théoriques. Les résultats seront rendus en octobre.»

Pour la première nuit entre Berre l'Etang et Lambesc, aucun problème n'a été relevé. Les ponts construits pour un fléchissement de 30 millimètres se sont fléchis à 27 millimètres maximum. Pour l'occasion, 140 gendarmes sont mobilisés. Des équipes sont même chargées d'enlever et de remettre les panneaux de direction. Après ce premier test, une répétition générale doit avoir lieu avant la fin de l'année pour assurer le succès d'Iter, d'un coût de 15 milliards d'euros.