Aouine, le dernier cri de la Savine

Mickaël Penverne

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Adam Pianko, Cécile Mininno, Daniel et Omar ont porté le projet Aouine.
Adam Pianko, Cécile Mininno, Daniel et Omar ont porté le projet Aouine. — P. Magnien / 20 Minutes

Aouine. C'est le cri d'alarme des «charbonneurs» pour alerter de l'arrivée de la police dans la cité. C'est aussi le nom d'un film tourné à la Savine (15e). Un long-métrage inédit qui est né d'une collaboration entre un écrivain-réalisateur, Adam Pianko, une éducatrice spécialisée, Cécile Mininno, et des habitants du quartier.

Potentiel « époustouflant »


Tout commence par des ateliers d'improvisations. «On laissait les jeunes choisir les thèmes qu'ils voulaient aborder, se souvient Cécile Mininno. Puis, on s'est rendu compte qu'ils mettaient en scène souvent les tensions, la violence, etc. On est donc parti là-dessus.» Au fil des ateliers, Adam Pianko, qui les filme, s'aperçoit du potentiel «époustouflant» des jeunes à jouer la comédie. «Au bout d'un moment, on s'est demandé ce qu'on allait faire de tout ça, raconte le réalisateur. Petit à petit, on a construit un scénario.»

Aouine, c'est d'abord l'histoire d'un amour contrarié par une règle non-écrite mais intangible. «On ne sort pas avec la sœur d'un collègue de la cité, sourit Omar, un des acteurs principaux. Ça ne se fait pas. Ou alors en cachette.» Il y a aussi le «charbon», le plan de stups. Daniel joue un chef de réseau qui fait office de «grand frère». «Ce que j'ai kiffé, c'est le côté réel, explique-t-il. Ce mec est un peu dingue, mais avec un côté humain.» Aouine, c'est enfin le cri d'un quartier qui vit quasiment en autarcie depuis quarante ans et qui se transforme avec les programmes de rénovation urbaine. Un endroit isolé, coincé sur les hauteurs, mais qui a des choses à dire. «On veut montrer que la vie des gens dans une cité peut être aussi intéressante qu'ailleurs», conclut Pianko.

■ A la recherche de financements

Le tournage d'Aouine, qui a été financé par le Logirem et la politique de la ville, a duré quatre ans. Mais il reste l'étalonnage, le mixage et le montage à réaliser. Pour financer la post-production, les auteurs ont lancé une souscription par Internet, sur le site Kiss Kiss Bank Bank. Il leur manque environ 30 000 €. Pour l'instant, 4 % de cette somme ont été récoltés. Adam Pianko et Cécile Mininno espèrent diffuser le film en 2014.