«Le hip-hop marseillais doit se professionnaliser»

Propos recueillis par Mickaël Penverne

— 

Originaire de Montpellier, Julien Valnet habite Marseille depuis 5 ans.
Originaire de Montpellier, Julien Valnet habite Marseille depuis 5 ans. — P. Magnien / 20 Minutes

Julien Valnet travaille au sein de l'association Aide aux musiques indépendantes (AMI) à la Friche de la Belle de Mai. À 33 ans, il publie son premier livre M.A.R.S. - Histoires et légendes du hip-hop marseillais, disponible jeudi en librairie.

En lisant votre livre, on est frappé par le nombre d'artistes…

C'est la vraie découverte de ce livre. Il existe énormément de groupes. Depuis 1997-1998, quand le rap s'est vraiment imposé, le phénomène n'a cessé de se développer. À un moment, j'ai essayé de recenser tous les groupes. J'ai arrêté au bout de 20 pages.

Pourquoi n'ont-ils pas été plus nombreux à percer ?

Quand IAM a signé dans une maison de disque, les autres labels se sont dits : «C'est bon, on a notre groupe marseillais». À l'époque, les maisons de disque privilégiaient un acteur par ville. Pas davantage.

Et aujourd'hui ?

On se retrouve dans une situation paradoxale, avec d'un côté des talents et de la diversité, et de l'autre, un déficit de structure de production et d'accompagnement. À Paris, il existe la Maison du Hip-Hop. À Nantes, ils ont Hip Opsession. Ici, il n'y a aucun événement structurant.

Les pouvoirs publics aident-ils le rap ?

Les institutions et les rappeurs forment deux mondes qui ne se connaissent pas et qui ont du mal à se parler. La structure B.Vice à la Savine est financée au titre de la politique de la ville, mais elle ne reçoit rien de la DRAC [direction régionale des affaires culturelles]. C'est significatif, non ?

Quid des artistes ?

Il faudrait davantage de groupes de travail, des séances de coaching, plus de réseau… En gros, il faut plus de professionnalisme.