« On travaille dans l'angoisse »

Amandine Rancoule

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Un agent de sécurité sur la passerelle de l'hôpital Nord.
Un agent de sécurité sur la passerelle de l'hôpital Nord. — P.Magnien/20 Minutes

Sarah n'est pas totalement rassurée. Pour cette infirmière aux urgences, le plan de prévention de la violence présenté lundi matin aux représentants des salariés par la direction des hôpitaux de Marseille est «un premier pas tardif». «Il faut le mettre en place dès que possible, estime-t-elle. On ne peut plus travailler dans l'angoisse : c'est mauvais pour nous et pour les patients.»

«Des mesurettes»


Parmi les mesures phares : la création de sas de sécurité dans certaines chambres, la limitation des points d'entrée la nuit ou encore la présence d'un vigile 24 h/24 h. Les personnels, se déplaçant seul la nuit pourraient aussi être équipés d'appareils permettant d'appeler les services de sécurité. Une convention «hôpital-police-justice» est en place depuis 2006. Elle devrait être prochainement revue. Depuis quelques jours, des patrouilles de polices effectuent des rondes autour des services d'urgence. «Avant, il y avait une présence policière systématique et permanente dans les PC sécurité des hôpitaux, mais elle a été abandonnée», assure Audrey Jolibois, la secrétaire générale adjointe FO. Le syndicat majoritaire dénonce «des mesurettes» et menace «d'un droit de retrait à la prochaine agression». «On veut que notre personnel soit en sécurité, explique Marc Katramados, le secrétaire général. Mais on ne connaît ni le calendrier, ni le coût. L'APHM veut trouver des financements complémentaires, ça va prendre 3 ans? 5 ans ?», s'interroge-t-il. «Des discussions avec l'Agence régionale de santé sont en cours sur le financement», a précisé l'APHM dans un communiqué. Côté calendrier, des études de faisabilité devraient être lancées dès ce mois-ci.

■ Menaces de mort sur deux infirmières

Samedi, un patient, interpellé par la police, a menacé de mort deux infirmières aux urgences de l'hôpital Nord, où dans la nuit du 12 au 13 août, un homme, blessé par balles dans une tentative de règlements de compte, avait menacé le personnel avec une arme. La même semaine, dans la nuit 18 août, un infirmier des urgences de la Conception avait été blessé d'un coup de couteau par l'un des meurtriers présumés d'un homme dans le centre.